Au Boudoir Écarlate
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 ─═☆ Citations extraites du Tome 6 ☆═─

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Karen
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Karen

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MessageSujet: ─═☆ Citations extraites du Tome 6 ☆═─   ─═☆ Citations extraites du Tome 6 ☆═─ Icon_minitime1Sam 15 Oct - 18:48

─═☆ Citations extraites du Tome 6 ☆═─ 18402010
 

« Cet enfant était sa contre-offensive à la prophétie du Destroyer, une réponse calculée dans la guerre contre les vampires, une manœuvre stratégique pour assurer la survie de l’Omega. Son fils mènerait la bataille sur de nouveaux territoires et massacrerait cette race de sauvages avant que le Destroyer ne puisse dissoudre peu à peu l’essence même de l’Omega jusqu’à ce qu’il n’en reste rien. »

« Fhurie tendit la main vers un autre joint et l’alluma avec un briquet en or. Au Vieux Pays, c’est ce qu’on appelait l’exhile dhoble. Le second jumeau. Le maudit. En naissant trois minutes après Zadiste, Fhurie avait apporté la malédiction dans la famille, le déséquilibre. Deux fils de la noblesse, forts et vivants, c’était trop de chance. Aussi, bien entendu, il y avait eu un retour de bâton. Quelques mois après, son jumeau avait été enlevé, vendu comme esclave, et horriblement maltraité un siècle durant. Á cause de sa garce de maîtresse, Zadiste avait toujours un visage balafré, des poignets et un cou marqués. Et des cicatrices morales bien pires encore. »


Fhurie :
« Il avait cru être conscient de l’engagement sexuel qu’il prenait en se substituant à Viscs en tant que Primâle, mais la réalité était bien plus effrayante que le concept. Quarante femelles. Quarante ! Il devait être complètement à côté de la plaque quand il s’était proposé pour remplacer V. Dieu sait pourtant que son seul essai de se débarrasser de sa virginité n’avait pas été un grand succès— même s’il s’était adressé à une professionnelle. En fait, il était même probable que se retrouver avec une pute avait aggravé son problème. Mais qui d’autre aurait-il pu aller voir ? Il avait deux siècles de chasteté derrière lui et aucune idée de ce qu’il fallait faire. Et il était censé grimper sur la pauvre et fragile Cormia, la marteler jusqu’à éjaculation, puis foncer jusqu’au Sanctuaire des Élues pour jouer le rôle de Bill Paxton dans la série Big Love.
Merde, mais qu’est-ce qui lui avait pris ? »


Cormia :
« Quel changement d’attitude ! Au début, elle avait été terrifiée par le Primâle. Et après cinq mois, elle ne voulait plus le partager. Avec sa crinière de cheveux multicolores, ses yeux d’or et sa voix mélodieuse, c’était un mâle splendide en pleine force de l’âge. Mais ce n’était pas vraiment ça qui l’attirait le plus en lui. Il était l’exemple-type de ce qu’elle admirait : Toujours préoccupé des autres, jamais de lui-même. Á table, c’était toujours lui qui s’enquérait auprès de tout un chacun des suites d’une blessure ou de divers soucis plus ou moins sérieux. Jamais il ne réclamait pour lui le même genre d’attention. Jamais il ne dirigeait la conversation vers lui. Il était toujours prêt à se dévouer. Toujours volontaire pour les tâches les plus ingrates, la moindre corvée à accomplir. Si Fritz vacillait sous le poids d’un plateau, le Primâle était le premier à se lever pour offrir son assistance. De ce qu’elle avait entendu dire, Cormia savait que c’était aussi un féroce combattant qui protégeait la race, un dévoué professeur qui enseignait aux futurs soldats, et un excellent ami pour tous.
En vérité, il était l’exemple parfait de l’altruisme, et le parfait Primâle pour les Élues. Quelque part, au milieu des heures, jours et mois qu’elle avait passé ici, elle avait oublié le chemin de son devoir pour se perdre dans un labyrinthe de choix ouverts. Désormais, elle voulait être avec lui. Et il ne s’agissait plus de devoir, de résignation ou n’importe quelle autre contrainte. Mais elle le voulait pour elle toute seule.
Ce qui faisait d’elle une hérétique. »

John :
« John Matthews dormait toujours nu. De moins, c’était le cas depuis sa transition. Ça faisait moins de linge à laver.
Avec un grognement, il mit la main entre ses jambes et saisit son érection matinale. Qui l’avait réveillé comme d’habitude, une alarme aussi régulière et efficace que cette foutue Big Ben. Et il avait aussi l’option de mettre la en veilleuse. S’il s’en occupait bien, il pouvait se rendormir une vingtaine de minutes avant que ça recommence.
D’habitude, il lui fallait trois fois avant même de pouvoir se lever, et une autre dans la douche.
Dire qu’il avait autrefois rêvé de ça !
Mais ça ne servait à rien de ruminer de sombres pensées. Même si se branler ne le satisfaisait qu’à moitié, il ne pouvait nier les besoins de son corps. Il y a quelques semaines, en s’y risquant une fois, il s’était vite retrouvé assez remonté pour être prêt à baiser un arbre.
Pourquoi personne n’avait-il pensé à inventer un anti-viagra ? Un Á-bas-laTrique du type Ramolliciline ? »

Qhuinn :
« Sa mère avait les yeux gris. Son père aussi. Son frère et sa sœur également. Mais Qhuinn avait un œil bleu et l’autre vert. Bien sûr, il y avait quelques yeux verts ou bleus dans leur lignage, mais pas un de chaque couleur chez le même individu. Et une telle déviance n’était pas admise. L’aristocratie refusait d’accepter le moindre défaut, et la famille de Qhuinn tenait fermement à sa position dans la Glymera. Chacun de ses parents provenait des six familles originelles. Et son père avait même été leahdyre du Conseil des Princeps.
Chacun avait espéré que la transition corrigerait le problème. Deux yeux identiques, qu’ils soient verts ou bleus, auraient été acceptables. Mais merde, raté. Cinq mois auparavant, Qhuinn avait émergé vivant de sa transition, avec un énorme corps, une paire de canines, un désir sexuel inextinguible… et un œil bleu et l’autre vert.
Quelle nuit. Ça avait été la seule et unique fois où son père avait perdu la tête. La seule et unique fois où il avait frappé Qhuinn. Depuis lors, plus personne chez lui— ni sa famille, ni le personnel— ne croisait plus son regard.
En quittant la maison pour la nuit, il ne se donna pas la peine de saluer sa mère. Ni son frère aîné ou sa sœur.
Il avait été tenu à l’écart d’eux depuis le jour de sa naissance, laissé sur la touche comme une sorte d’anomalie génétique. La seule bénédiction de sa misérable existence, selon les lois sélectives de la race, était qu’il y avait deux jeunes de valeur et de bonne santé dans sa famille, aussi son frère aîné était-il considéré comme apte à se reproduire sans risque. »

Xhex :
« Xhex avança vers la porte de sa démarche souple. Grande et musclée, elle était bâtie comme un mâle. Mais malgré sa coupe courte à la Annie Lennox et son corps puissant, elle n’était nullement hommasse dans son pantalon de cuir noir assorti d’un tee-shirt noir et moulant. Non, Xhex avait la puissance létale d’une lame : Précise, souple et rapide. »


Xhex & John :
« Une fois que les deux jeunes mâles se furent éclipsés à l’arrière avec leurs copines, Xhex avança vers le gosse, qui se raidit en la voyant, comme il le faisait toujours. En tant que chef de la sécurité, Xhex était habituée à ce genre de réaction.
— Comment va ? demanda-t-elle.
Il haussa les épaules et tripota sa Corona. Il est nerveux, pensa-t-elle.
— Je peux te demander quelque chose ?
Il écarquilla un peu les yeux, mais haussa une nouvelle fois les épaules.
— Pourquoi ne vas-tu jamais à l’arrière avec tes potes ?
Bien entendu, ça ne la regardait en rien, et elle ne savait même pas pourquoi elle s’en souciait. Merde… c’était sans doute à cause de sa tension de premier-mardi-de-mois. Elle cherchait un dérivatif.
— Les filles t’apprécient, insista-t-elle. Je les vois souvent te regarder. Et tu les regardes aussi, mais tu ne bouges jamais d’ici.
Il piqua un fard si violent qu’elle remarqua la rougeur de son visage malgré la lumière tamisée.
— Tu es déjà casé ? murmura-t-elle, curieuse tout à coup. Le roi t’a choisi une femelle ?
Il secoua la tête.
D’accord, il fallait qu’elle le laisse tranquille. Et puis, le pauvre gosse était muet, aussi comment espérait-elle qu’il puisse lui répondre ? »


« — Le spectacle t’a plu, John ? demanda-t-elle sans se retourner.
En regardant derrière elle, elle perdit le souffle. Les yeux du gosse brillaient dans la pénombre… et il la dévisageait avec le genre de concentration que les mâles ont quand ils veulent du sexe. Quelque chose de violent et de primitif.
Nom de… Dieu. Ce n’était pas un gosse qui la regardait ainsi.
Sans être consciente de ce qu’elle faisait, elle utilisa son côté sympathe pour effleurer l’esprit du mâle. Et sut qu’il se voyait dans un lit… alors qu’il se masturbait dans des draps froissés, tenant dans la main son sexe énorme en pensant à elle. Et il le faisait souvent.
Xhex pivota et avança droit vers lui. Il ne s’écarta pas, ce qui ne la surprit pas. En cet instant, il n’était pas un jeune vampire encore immature, il était un mâle animé d’instincts puissants et prêt à la rencontrer de front. Ce qui le rendait… merde, pas attirant quand même ? Non— Sûrement— Pas.
Quand elle leva les yeux vers lui, elle avait l’intention de lui ordonner de la laisser tranquille et d’aller pomper son énergie sexuelle sur les humaines qui pullulaient au club. Elle avait l’intention d’être très claire sur le fait qu’elle était hors limite, et que ce serait bien mieux qu’il cesse de fantasmer sur elle. Elle avait l’intention de le rejeter, comme elle avait rejeté tous les autres mâles— sauf une fois ce foutu Butch O’Neal, avant qu’il ne fasse partie de la Confrérie.
Et pourtant, elle marmonna d’une voix rauque :
— La prochaine fois que tu penses à moi en te branlant, crie mon nom. Ça sera encore meilleur. »


Tohr :
« Comme il le faisait souvent, il retrouva vite parmi les étoiles les deux qui comptaient pour lui, les âmes qu’on lui avait enlevées. La première était très brillante et la seconde un peu discrète, mais elles étaient proches l’une de l’autre, comme si la plus petite s’abritait auprès de sa m—
Le mâle ne put évoquer le mot. Même mentalement. Tout comme il ne pouvait prononcer les prénoms qu’il associait aux étoiles. Mais ça n’avait aucune importance. Parce que ces deux-là étaient quand même à lui.
Et que bientôt, il les rejoindrait. »


Fhurie & Cormia :
« — Á genoux, ordonna-t-il d’une voix rauque.
Cormia se laissa tomber à genoux, lâchant la brosse. Sans un mot, le Primâle se pencha vers elle et l’entoura de ses bras énormes. Il ne l’attira pas contre lui. Il dénoua juste ses cheveux, chignon et tresses, et éparpilla les mèches blondes. Il grogna en voyant la masse dorée s’étaler sur les épaules de Cormia, qui réalisa qu’elle tremblait de tout son corps. Tout à coup, le Primâle l’agrippa par la nuque et lui attira le visage vers sa gorge.
— Prends-moi, ordonna-t-il.
Cormia siffla comme un cobra prêt à attaquer, et avant même de réaliser son intention, elle plantait ses canines dans la jugulaire offerte. Sous le choc, le mâle sursauta en beuglant une obscénité.
Sainte Mère du Verbe… pensa-t-elle, son sang était de la lave. Qui coulait d’abord dans sa bouche, puis jusqu’au fond de ses entrailles. Et une houle de puissance faisait enfler en elle un pouvoir qu’elle n’avait encore jamais connu.
— Plus fort ! aboya-t-il. Bois-moi… »


John, Blay & Qhuinn :
— Tu es dingue. Et je ne peux vraiment pas accepter ces—
— Mais où tu as été élevé, mon pote ? C’est hyper grossier de refuser un cadeau.
— Prends-les, John, dit Blay en secouant la tête. Il ne va pas te lâcher sinon, alors épargne-nous son cirque.
— Mon cirque ? (Qhuinn se redressa et prit la pose d’un orateur romain.) Et te faire mettre pourquoi ne vas-tu pas, jeune padawan ?
Blay piqua un fard
— Allez—
Qhuinn se jeta sur Blay, l’agrippa aux épaules et se laissa pendre contre lui de tout son poids.
— Je défaille. Tes insultes m’ont laissé sans voix. Je suis au bord de l’évanouisation.
Blay grogna et vacilla pour empêcher Qhuinn de s’effondrer par terre.
— On dit évanouissement.
— Mais évanouisation, c’est plus chouette.
Blay essayait de ne pas sourire ni montrer sa joie, mais ses yeux le trahissaient. Ils brillaient comme des saphirs et, sur son visage, le rouge s’accentuait.
Avec un rire silencieux, John s’assit sur l’un des bancs de la pièce. »

« Qhuinn quitta la pièce sans regarder en arrière et marcha le long du couloir. Il ne comptait pas dire adieu à sa sœur, qu’il entendait pourtant jouer de la flûte, et il laissa aussi son frère réciter tranquillement ses vers de latin. Il ne s’arrêta pas davantage dans le salon où sa mère parlait au téléphone. Et bien entendu, il passa tout droit devant le foutu bureau de son père. Ils s’étaient tous mis d’accord pour le rejeter. Et la preuve en était dans cette enveloppe.
Mince… cette fois, il était bel et bien orphelin. Et ses pires craintes se trouvaient en quelque sorte vérifiées. Il avait toujours pensé avoir été adopté (ou une merde du même genre) parce qu’il n’avait jamais rien eu en commun avec le reste de sa famille— et pas uniquement à cause de ses putain d’yeux différents.
Non, il était taillé dans un autre modèle. Et l’avait toujours été. Une part de lui aurait voulu se mettre en colère d’avoir ainsi été éjecté de la maison, mais à quoi s’attendait-il d’autre ? Il n’avait jamais été l’un d’entre eux. »


Cormia :
« Cormia lut les mots « Dirty Dancing » sur l’écran. Ensuite, il y eut un véhicule (une voiture) sur une route qui montait dans un paysage champêtre entouré de sommets. Plusieurs personnes dans la voiture. Une famille humaine : Le père, la mère et leurs deux filles.
Une voix de femme parvint derrière Cormia : « C’était durant l’été 63… »
Quand John lui glissa quelque chose dans la main, elle dut se forcer pour quitter l’écran des yeux le temps de voir ce que c’était. Un sachet, petit, sombre, et ouvert sur le haut. Il lui indiqua par geste d’en prendre le contenu et de le mettre dans sa bouche, aussi elle plongea la main dedans. Sortit plusieurs cachets colorés, et hésita.
De toute évidence, ils n’étaient pas blancs. Et elle n’avait jusqu’ici mangé que ce qui était blanc pour suivre la tradition des Élues.
Mais franchement, où était le mal ?
Tout en sachant qu’ils étaient seuls, elle jeta un coup d’œil autour d’elle puis, avec le sentiment de briser un tabou, elle mit quelques pastilles dans sa—
Chère… Vierge… Scribe !
Le goût éclata sur ses papilles et les fit vibrer de vie et d’énergie, comme le sang du Primâle quelques heures plus tôt. Mais quelle était cette nourriture ?
Cormia regarda le sachet de plus près. Deux petits personnages curieux étaient dessinés sur l’avant, au-dessus des lettres « M&M ». Elle avait bien l’intention de vider tout le sachet, blanc ou pas. »


« Sur l’écran, Bébé se trouvait seule avec Johnny dans sa chambre. Et Cormia, tétanisée, regarda le couple se rapprocher et commencer à danser en privé. Leurs corps étaient si différents— celui du mâle bien plus grand et plus fort— et pourtant il caressait sa compagne avec douceur et tendresse. Et elle aussi le touchait, lui rendait ses caresses et passait les mains sur sa peau… et semblait trouver ces sensations agréables.
Alors que la bouche de Cormia s’entrouvrait, elle se redressa dans son siège, comme pour s’approcher de l’écran. Dans son esprit, le Primâle avait pris la place de Johnny et elle-même était devenue Bébé. Et ensemble ils ondulaient l’un contre l’autre, les hanches mouvantes, leurs vêtements disparus. Ils étaient seuls tous les deux dans le noir, dans un endroit sûr où personne ne pourrait les voir ou les déranger.
C’était comme la veille, dans la chambre du Primâle, mais il n’y avait là aucune interruption, aucune implication de leurs actes, aucun poids imposé par les traditions, aucune peur d’échouer… et aucune de ses trente-neuf sœurs dans le tableau.
Si simple. Si réel. Même si ce n’était que dans sa tête.
Voilà ce qu’elle voulait vivre avec le Primâle pensa-t-elle en regardant le film. Absolument. »


Fhurie
« Nom... de Dieu.
C’était une scène d’amour. Patrick Swayze et la petite Jennifer Machin-Truc étaient sur un lit, et ondulaient collés l’un à l’autre. Dirty Dancing.
Cormia se pencha en avant, et il aperçut son visage. Elle avait les yeux rivés à l’écran, les lèvres entrouvertes et une main posée sur la gorge. Ses longs cheveux blonds, repoussés sur l’épaule, lui tombaient jusqu’aux genoux. »


Qhuinn à Blay :
— J’ai remarqué… (il dut s’éclaircir la voix pour se forcer à continuer,)… la façon dont tu me regardes. Tu sais, quand j’ai baisé cette donzelle dans la cabine d’essayage chez A&F. Ce n’est pas elle que tu matais, c’était moi. Parce que tu en pinces pour moi, pas vrai ? (Horrifié, Blay recula d’un pas, et Qhuinn enfonça le clou.) Ça fait un moment que tu me veux, et tu imagines que je ne l’ai pas senti ? Ben si. Je ne veux pas de toi. Alors maintenant, fiche-moi la paix. Et cette connerie avec toi s’arrête ici et ce soir.
Sur ce, Qhuinn partit droit devant lui, sans plus regarder Blay— son meilleur ami, l’être au monde qui comptait le plus au monde pour lui, davantage même que John. Il le laissa derrière dans ce tunnel glacé. Seul.
Parce que c’était l’unique façon de lui sauver la vie. Blay était exactement le genre d’idiot courageux qui irait jusqu’en enfer pour y suivre un être cher. Et puisqu’il ne voulait pas écouter la voix de raison, il fallait bien utiliser autre chose pour le protéger.


Z à Fhurie:
« Z cracha sèchement :
— Bordel, Fhurie. Lâche un peu ta croix et arrête de jouer les martyrs. »


Qhuinn et Kolher :
— Vous voulez de la franchise… d’accord, je ne pouvais pas laisser John être humilié comme ça. Il est resté comme… tétanisé. Ouais, quand Lash a commencé à lui ouvrir son froc, il a buggé. Ils étaient dans la douche à ce moment-là. John avait la tronche écrasée contre le carrelage et d’un seul coup, quand l’autre a voulu… John est resté tout raide— comme mort.» Je ne sais pas si Lash aurait été jusqu’au bout avec ce… Ah, vous savez… Bien sûr, je ne suis certain de rien, mais c’était bien le genre de mec à le faire vraiment. (Qhuinn déglutit avec difficulté.) Quand j’ai vu ça, ouais, quand j’ai vu que John n’arrivait plus à se défendre, je… j’ai eu comme un trou noir… Alors— merde— le couteau s’est retrouvé dans ma main… et moi sur Lash. Et puis ça a été super-vite. » La vérité ? Bien sûr que je haïssais Lash, mais il ne s’agissait pas de lui. Je me foutais de qui c’était. Parce que si quelqu’un refait un truc aussi degueu à John et ben… je le flinguerai encore. » Et je sais ce que vous voulez me demander.
— Et ta réponse est ?
— Ouais. Je le referai. Sans hésiter.


« Le roi continua :
— Un ahstrux nohtrum ne peut être désigné que par décret royal, et son statut ressemble à ceux de ces mecs des Services Secrets qui sont chargés de protéger le président des États-Unis. Parce que, bien entendu, le sujet à protéger doit être une personne d’importance, et le garde du corps doit être à la hauteur de sa fonction. (Kohler embrassa la main de la reine.)  C’est le roi qui décide de l’importance d’une personne. Et le roi, c’est moi. Maintenant… ma shellane ici même est la plus importante personne du monde à mes yeux. Il n’y a rien que je ne ferais pour protéger son cœur. Elle est ma reine dans tous les sens du terme. De ce fait, son unique frère est incontestablement une personne d’importance à mes yeux. Quant à l’aptitude… je crois savoir, Qhuinn, que tu es l’un des meilleurs combattants du programme d’entraînement, tout comme John ici présent. Tu es carrément vicieux à mains nues, excellent au tir, (la voix du roi se fit plus sèche) et nous sommes parfaitement conscients de tes talents au couteau, pas vrai ?
Abasourdi, Qhuinn sentit soudain un vertige lui faire tourner la tête. Dans le brouillard qui le cernait, il voyait soudain s’ouvrir un passage inattendu pour sortir de l’enfer. Tout vacillant, il tendit la main pour se retenir au bras de John, sans se soucier que son geste le rendait probablement ridicule.
— Un petit détail quand même, continua le roi. Si besoin est, un ahstrux nohtrum est censé se faire tuer pour protéger son maître. En cas de coup dur, c’est lui qui prend la balle. Oh, et le poste est à vie, sauf avis contraire de ma part. Je suis le seul à pouvoir lever le carcan, c’est bien compris ?
La bouche de Qhuinn fonctionna sans même qu’il en ait conscience.
— Oui. Bien sûr. Absolument. »


« Á voix très basse, que seul le roi entendit, il chuchota :
— Je pensais … être tout seul.
— Nan, répondit Kohler sur le même ton. Je te l’ai dit, tu es désormais l’un des nôtres. Compris ?
Qhuinn releva les yeux.
— Mais je ne suis personne.
— Oublie ces conneries. (Le roi secoua lentement la tête.) Tu as sauvé l’honneur de John, fils. Tu fais partie de la famille. »
 
« Qhuinn put enfin se redresser. Il se releva et arrangea sa chemise, puis ses cheveux. Très droit, soudain parfaitement maître de lui, il avança vers John. Et tendit la main à son ami, avec un regard direct.
— Je donnerai sans hésiter ma vie pour toi, John. Même sans ce papier.
Lorsque les mots lui échappèrent, il réalisa que c’était le premier vœu qu’il prenait en tant qu’adulte. Et personne n’était plus digne de le recevoir que celui qui était en face de lui— à part Blay peut-être.
John baissa les yeux pour accepter la main tendue qu’il serra d’une poigne ferme. Ils ne firent rien de plus. Mais c’était assez.
Je ferai la même chose pour toi, disaient les yeux de John et sa bouche muette. La même chose. »

« Allez, au tatouage maintenant.
Qhuinn commença à enlever sa chemise en disant :
— J’en ai toujours voulu un—
— Tu peux garder ça, dit Viscs qui ouvrit sa mallette et en sortit un pistolet à encre. (Qhuinn voulut remonter sa chemise.) Nan, je n’ai pas besoin de ton bras non plus.
Pendant que Qhuinn plissait le front, Viscs brancha le cordon électrique, puis enfila deux gants de latex noirs. Il posa ensuite deux fioles d’encre sur le couvre-lit : Une noire et une rouge. Et une bouteille plus grande remplie d’un liquide transparent.
— Tourne-toi. (Le Frère prit un linge blanc et une compresse stérilisée tandis que Qhuinn faisait passer ses new Rock de l’autre côté du lit, avant de poser ses deux mains sur ses genoux.) Lève la tête et regarde-moi.
Sur la figure ? s’étonna John quand Viscs nettoya la pommette gauche de Qhuinn.
Son copain ne bougea pas d’un cil. Pas même quand l’aiguille vibrante s’approcha de lui.
John tenta de voir ce qui se passait mais n’y réussit pas. Curieux pourtant qu’il y ait du rouge. Á ce qu’il avait entendu dire, la seule couleur d’encre autorisée était le noir et—
Viscs s’écarta.
Nom… de Dieu !
C’était une simple larme rouge, soulignée d’un trait noir.
— C’est un symbole, dit Kohler à Qhuinn, qui rappelle que tu es prêt à verser ton sang pour John. Et ça annonce aussi ton statut à tout le monde sans la moindre ambigüité. Si John meurt, l’intérieur sera teinté en noir, pour montrer que tu as servi une personne d’importance avec honneur. Si ça foire, l’ensemble sera barré d’un X pour indiquer ta honte à la race. »

« — Je veux écrire là… (Qhuinn désigna sa nuque) "dix-huit août 2008" en Langage Ancien. Et en gros caractères.
La date d’aujourd’hui, pensa John. »

« — J’aimerais aller au ZeroSum, indiqua John.
— Pourquoi ? Parce que t’imagines que ça faire venir Blay ?
Qhuinn avança jusqu’à son coffret et chargea ses deux pistolets, en deux clics trois mouvements.
— Dis-moi ce qui s’est passé. Et tout de suite.
Qhuinn enfila le holster et y rangea les deux armes, sous ses bras. Il avait l’air… puissant. Dangereux. Mortel. Avec ses cheveux noirs bien taillés, ses piercings à l’oreille et son tatouage sous l’œil— le bleu— il ressemblait à un Frère. Et si John ne l’avait pas aussi bien connu, il l’aurait pris pour tel.
— Qu’est-il arrivé entre toi et Blay ?
— Je l’ai envoyé se faire foutre. Et d’une façon ignoble.
— Seigneur… Mais pourquoi ?
— Je pensais aller en prison, tu t’en souviens ? Et ça aurait tué Blay à petit feu. Ouais, ça lui aurait pourri la vie. Je préférais qu’il me haïsse plutôt que souffrir comme ça éternellement.
— Á ce point ? Sans vouloir te vexer, tu te crois vraiment aussi important ?
Qhuinn plongea ses yeux dépareillés dans ceux de John.
— Oui. Et je ne crois pas, j’en suis sûr. Ne me demande plus rien. »


[bFPhurie à propos de Lash : [/b]
« Qhuinn avait peut-être des yeux dépareillés mais Lash avait eu de bien pires défauts. Merde, il était un défaut. Il y avait quelque chose de détraqué chez ce gosse. »

Fhurie & Cormia :
— Tu vas bien ? demanda-t-elle à son oreille.
Il secoua la tête de droite à gauche. Et se colla encore davantage.
— Il faut que je te dise quelque chose.
— Qu’y a-t-il donc qui te trouble ainsi ? demanda-t-elle en lui caressant l’épaule pour le réconforter. Parle-moi.
Il marmonna quelques mots qu’elle ne comprit pas.
— Comment ?
— Je suis… vierge.


John, Blay & Qhuinn :
« Une fois dans la chambre, John referma la porte derrière eux et mit les deux mains sur ses hanches. Et tout en les regardant l’un après l’autre, il eut la sensation d’être un adulte intervenant entre deux gosses récalcitrants, sommés de ranger leur désordre.
Blay alla jusqu’à son armoire et l’ouvrit. La glace intérieure lui renvoya le reflet de Qhuinn et leurs yeux se croisèrent brièvement.
— Joli bijou, murmura Blay en regardant la chaîne qui indiquait le récent statut de Qhuinn.
— Ce n’est pas qu’un bijou.
— Oui, je sais. Et j’en suis heureux pour vous deux. Sincèrement.
Il sortit une parka… Ah-ah. Ça signifiait soit que la famille partait « dans le sud » jusqu’en Antarctique, soit que le mec avait l’intention de rester longtemps absent. Et de passer au moins l’hiver là-bas.
John tapa du pied.
— On perd du temps. Allo ? Les enfoirés ?
— Je suis désolé, marmonna Qhuinn à Blay. Pour ce que j’ai dit dans ce tunnel.
— Tu en as parlé à John ?
— Non.
Blay laissa tomber son manteau sur son sac de voyage Prada et leva les yeux vers John.
— Il pense que je l’aime. Que je suis… amoureux de lui.
John en resta la bouche ouverte.
Du coup, Blay éclata d’un rire bref, qui s’étouffa dans sa gorge trop serrée.
— Ouais. T’imagine ? Moi amoureux de Qhuinn ? Un mec qui passe la moitié de son temps à ronchonner et l’autre à faire le mariole en balançant des craques. Et tu veux savoir le plus déconnant de l’histoire ?
Qhuinn se raidit quand John hocha la tête.
— C’est qu’il a raison, dit Blay les yeux braqués sur son sac.
Bon, là John avait l’expression qu’on prend en recevant un coup de masse sur le crâne.
— Ouaip, dit Blay. C’est pour ça que je ne me suis jamais tellement intéressé aux femelles. Parce qu’aucune d’entre elles ne m’a jamais fait le même effet que lui. Les autres mâles non plus d’ailleurs. Donc, je suis complètement baisé, mais c’est mon problème. Ni le tien. Ni le sien. »


La princesse sympathe et Rehv :
« Elle le regardait avec avidité. Ses yeux rouges caressant sa poitrine, s’attardant sur la paire d’étoiles tatouées sur ses pectoraux. Les vampires les pensaient uniquement décoratives, mais un sympathe connaissait la vérité. Elles indiquaient son sang royal— et aussi les deux meurtres qu’il avait commis parmi sa parentèle. Côté paternel, c’était signalé par une étoile, côté maternel par un cercle. Et l’encre rouge indiquait la lignée des rois. »

John & Qhuinn :
— J’ignorais pour Blay, dit-il soudain à Qhuinn en agitant les mains. Depuis combien de temps tu… ah… tu t’en es rendu compte ?
Cette fois, les doigts de Qhuinn s’agitèrent, et se mirent à tapoter sa cuisse.
— Depuis le début, ou presque… Ça fait un bail.
Waouh, pensa John. Avec tous ces secrets qui sortaient, c’était presque comme s’ils repassaient par leur transition. Et tout comme le change qui avait transformé leur corps, aucun d’eux trois ne serait plus jamais le même après ces histoires.
— Blay ne parlait jamais de ce qu’il ressentait, murmura Qhuinn. Et pas à cause du sexe. Parce que je n’ai aucun problème avec les mecs, surtout en partouze avec des nanas. (Il se mit à rire.) Tu verrais ta tête. Ça te choque à ce point ? Tu ne savais pas que j’étais bi ?
— Ben… je... je pensais…
Bon sang ! Dire que déjà auparavant, John se sentait un vrai puceau devant ce que Qhuinn… hum, bon… n’importe, il ne tenait pas trop à y penser. Mais maintenant, il réalisait que c’était encore pire qu’être vierge.
— Écoute, si ça te gêne, on peut—
— Non, c’est pas ça. Merde, je t’ai vu partir dans ces salles de bain avec tant de—
— Ouais, je suis ouvert à tout. C’est toujours bon à prendre. (Qhuinn se frotta le front.) Mais je ne prévois pas rester éternellement comme ça.
— Non ?
— Non. Un jour, je me trouverai une shellane. Mais en attendant, je tiens à tout essayer… pour n’avoir aucun regret. C’est ma théorie.
John y réfléchit un moment.
— J’aimerais aussi avoir une femelle. Mais c’est pas évident après…
Qhuinn ne le regarda pas, mais hocha la tête pour montrer qu’il comprenait— ce qui était chouette. Étrangement, il était dorénavant plus facile à John de parler de tout ça, sans doute parce que son pote pouvait comprendre pourquoi sa vie sexuelle n’était pas évidente.
— Tu sais, j’ai bien vu comment tu matais Xhex.
John piqua un fard d’enfer.
— Ah…
— C’est bon. Merde… elle est vraiment bandante, pas à dire. En partie parce qu’elle fout les jetons. Le genre de femelle qui te fait bouffer tes dents si tu ne te tiens pas à carreau. (Il haussa les épaules.) Mais pourquoi ne commencerais-tu pas par quelqu’un de plus… je ne sais pas, plus facile ?
— On ne choisit pas ses goûts sexuels.
— Amen.

 
« Après un long silence, Blay reprit :
— John ?
John tourna lentement la tête de côté, se sentant soudain aussi épuisé que son copain. «Quoi?» mima-t-il sans avoir la force de lever les mains pour s’exprimer.
— Je me demandais… ça ne te gêne pas que je sois gay ? Est-ce qu’on sera encore amis ?
John fronça les sourcils. Puis se redressa, serra le poing et envoya un coup violent sur l’épaule de son pote.
— Aie ! Mais bordel, qu’est-ce qui te—
— Pourquoi on ne serait plus amis ? T’es vraiment un sale enfoiré d’avoir dit ça.
Blay se frotta l’épaule.
— Désolé. Je ne savais pas trop si ça allait modifier— Non ! Arrête. C’est bon, je ne dis plus rien. En plus j’ai mal à cette épaule. Merde, j’ai reçu un coup de couteau.
John se détendit. Il s’apprêtait à traiter Blay de « Crétin » quand il réalisa s’être posé les mêmes questions après l’épisode du vestiaire. Il regarda son ami.
— Pour moi, tu es exactement le même.
Blay inspira longuement.
— Je n’ai encore rien dit à mes parents. Qhuinn et toi êtes les seuls au courant.
— Quand tu le leur diras, à eux ou à n’importe qui d’autre, Qhuinn et moi seront là pour toi.
Et la question que John n’avait pas le cran de poser devait être affichée dans ses yeux car Blay y répondit.
— Bien sûr. Ce qui t’est arrivé ne change pas mon opinion de toi, dit-il en tendant le bras pour lui effleurer l’épaule. Rien ne pourrait jamais le faire. Ils poussèrent ensemble le même long soupir, puis refermèrent ensemble les yeux. Et le reste du trajet se passa en silence. »


Fhurie :
« Cormia sortait de la piscine, sa silhouette somptueuse dégouttant d’eau… avec trois jeunes mâles à peine émergés de leur transition à moins de trois mètres d’elle, la langue si pendante de désir qu’elle leur arrivait au nombril.
Seigneur… Oh… que non… !
Son instinct de mâle dédié le transforma instantanément en animal, le libérant des mensonges dans lesquels il s’était enfermé pour nier ses sentiments. La bête sortit de la caverne de son cœur, déchirant tout ce qui était civilisé en lui. Il ne voyait plus qu’une chose : Sa femelle était nue, et d’autres mâles la convoitaient.
Il n’eut besoin de rien d’autre pour réagir. Avant même d’en être conscient, Fhurie poussa un rugissement qui détonna dans l’air comme un coup de tonnerre. En l’entendant, John Matthew et ses deux copains eurent les yeux hors de la tête, puis reculèrent avec un bel ensemble. Et très vite. Comme si la piscine avait soudain pris feu. »


Qhuinn & Blay :
« Qhuinn se tourna vers son ami, et une longue expiration lui vida les poumons. Avec la tête penchée pour examiner sa blessure, le mec était vraiment magnifique. Bien bâti, avec des larges épaules, une poitrine musclée, des bras noueux. Mais ce qui le rendait unique était cette réserve qui l’enveloppait. Difficile de ne pas s’interroger sur ce qui se dissimulait derrière.
Qhuinn s’attela à son boulot d’infirmier et prit de la gaze, du sparadrap et des antiseptiques dans un placard. Il mit tout ça sur un plateau métallique et l’apporta jusqu’à la table.
Une fois le matériel préparé, il alla jusqu’à l’évier en acier inoxydable, appuya sur la pédale et fit couler l’eau. Tout en se lavant les mains, il dit tranquillement :
— Je le ferais si c’était possible.
— Pardon ?
Qhuinn pompa du savon liquide et se frotta aussi les avant-bras. Ce qui était sans doute excessif, mais Blay était plutôt maniaque niveau propreté, aussi il pouvait faire un effort.
— Si je pouvais aimer un mâle, ce serait toi.
— C’est ça. Bon, j’ai changé d’avis, je vais m’occuper de mon dos tout seul—
— Je suis sérieux. (Il lâcha la pédale pour arrêter l’eau, et secoua ses mains au-dessus de l’évier.) Tu crois que je n’y ai pas déjà pensé ? Je me suis imaginé avec toi, et pas que pour le sexe.
— C’est vrai ? ne put s’empêcher de demander Blay d’une voix à peine audible. »
 
« La tristesse résignée qu’il vit dans les yeux bleus qui le fixaient lui broyait le cœur. Mais il n’arrivait pas à comprendre ce que Blay pouvait bien lui trouver de si spécial.
— Tu dois avoir un truc qui cloche, chuchota-t-il, pour tenir autant à moi.
Blay eut un sourire désenchanté qui ajouta des siècles à son âge véritable, parce qu’une telle expression sur un visage ne vient d’ordinaire qu’après que la vie vous ait durement malmené. Et déçu plusieurs fois.
— Tu dois avoir un truc qui cloche pour ne pas comprendre que je le fasse.
— Là, on va avoir comme un désaccord permanent. »

« Ils se séparèrent et se regardèrent… et soudain quelque chose changea dans l’atmosphère de la pièce. Il y eut un grand silence dans la salle de soins, alors que tout le centre autour d’eux était vide et désert, et l’intimité du moment devint soudain chargée d’électricité.
— Juste une fois, dit Blay doucement. Fais-le. Juste pour voir.
Qhuinn commença à secouer la tête.
— Non… je ne crois pas—
— Si.
Après un moment, Qhuinn posa les mains de chaque côté de la tête de Blay, tenant ses lourds maxillaires entre ses paumes.
— Tu es sûr ?
Quand Blay acquiesça, Qhuinn lui fit basculer la tête, se baissa lentement.
Et—
Oh… sa bouche toucha des lèvres incroyablement douces et chaudes. Et il l’embrassa comme il embrassait toujours ses conquêtes d’un soir, et plus encore… comme s’il n’y avait aucun lendemain, il se perdit dans un monde de sensations et de sensualité.
Quand il releva la tête, il vit dans les yeux de Blay que son pote était prêt à accepter n’importe quoi. Tout. Ils pouvaient suivre ce chemin brûlant jusqu’à sa conséquence logique.
Mais ensuite, ça changerait trop les choses entre eux. Et c’est cette idée surtout qui arrêta Qhuinn.
— Tu es bien trop important pour moi, dit-il d’une voix bourrue, pour que je te traite comme les autres.
Les yeux de Blay s’attardèrent sur sa bouche.
— En ce moment précis, je le regrette.
Lorsque Qhuinn recula, il réalisa que c’était la première fois qu’il refusait de profiter d’une offre.
— Non, j’ai raison. Bordel, j’en suis foutrement certain. »

« Blay soupira, puis s’accrocha à la table à deux mains comme pour reprendre ses esprits. Il eut ensuite un petit rire.
— Je ne sens plus ni mes mains ni mes pieds.
— Je t’offrirais bien un massage mais…
Blay lui jeta un regard moqueur.
— Si tu veux absolument masser quelque chose, j’ai une autre idée.
Qhuinn eut un grand sourire
— Enfoiré. »


« Qhuinn soigna l’entaille du dos, tout en essayant de ne pas laisser ses idées dériver sur ce qu’il pourrait faire d’autre pour soulager son pote.
— Juste un truc, murmura-t-il.
— Quoi ?
Qhuinn n’avait jamais entendu sa propre voix sortir de sa gorge de cette façon-là.
— Si jamais je vois quelqu’un ne pas te traiter comme tu mérites de l’être, je l’étripe à mains nues avant de laisser ses morceaux frire au soleil.
Le rire de Blay ricocha sur les murs carrelés.
— Bien sûr que—
— Je suis foutrement sérieux.
Le regard bleu de Blay vint croiser le sien. Et Qhuinn prononça son vœu en Langage Ancien :
— Je les verrai morts devant moi et leurs corps abandonnés aux flammes. »


Fhurie
« Lorsque Fhurie leva le lourd pendentif d’or, le médaillon se balança au bout de son lien de cuir.
Et Cormia perdit le souffle en le regardant. Parce que le visage du mâle exprimait une volonté farouche et déterminée. Et non le refus de ses responsabilités. La lumière qui brillait dans les yeux dorés était celle d’un chef et d’un meneur, pas d’un indécis qui renonçait. Debout devant elle, il représentait soudain le Sanctuaire tout entier, ses terres et ses bâtiments, son air et son eau. Et même, il n’était pas seulement leur monde intemporel, mais le monde universel.
Après une vie entière à regarder l’histoire se dérouler dans un bocal d’eau, Cormia regardait valser le médaillon en réalisant que, pour la première fois de sa vie, elle voyait l’histoire de la race se dérouler devant elle. En direct. Rien ne serait jamais plus pareil.
Avec l’emblème de sa position levé dans son poing serré, le Primâle proclama d’une voix profonde et ferme :
— Je suis la Vigueur de la Race. Je suis le Primâle. Ma volonté s’accomplira. »

« Dans la clairière se trouvait maintenant un homme étrange… couvert d’or. Et qui portait quelqu’un dans les bras. Un mâle barbu, avec des cheveux noirs marqués d’une mèche blanche.
John eut comme un frisson d’anticipation.
— Vous ne reconnaissez pas votre Frère ? dit M. Lumière, qui baissa les yeux sur le mâle et dit : Comme ils oublient vite.
John fut le premier à rompre les rangs. Á partir en courant. Il entendit crier son nom, mais rien n’était plus capable de l’arrêter. Rien ni personne. Il courut aussi vite que ses jambes tremblantes voulurent bien le porter, le vent bruissant dans ses oreilles, le sang battant dans ses veines.
Les hautes herbes frottaient contre son jean, l’air vif de la nuit d’août lui caressait les joues, et il avait levé les deux poings pour battre l’air devant lui.
— Père, hurlait-il, la bouche ouverte dans un cri muet. Père ! »


Fhury & la Vierge Scribe :
— S’il n’y a plus aucun standard, qu’en sera-t-il de la pureté de leur lignage ? La sélection avait pour but que la force engendre la force. Que se passera-t-il si les Élues choisissent des mâles qui ne proviennent pas d’un pur sang guerrier ?
Fhurie pensa à Qhuinn et Blay. Deux solides garçons qui deviendraient des mâles encore plus forts avec le temps. Pourquoi ne pourraient-ils pas entrer dans la Confrérie ?
— Seul Kohler pourra en décider. Mais je l’encouragerai à accepter tout mâle de valeur, quelle que soit la pureté de son sang. Un cœur courageux peut rendre un mâle plus puissant que son physique ne le laisserait prévoir. Écoutez, la race est en danger, et vous le savez. Nous perdons du terrain à chaque génération. Et ce n’est pas uniquement à cause de la guerre. La Lessening Société nous tue. Mais la rigidité de nos traditions nous étouffe.
La Vierge Scribe glissa vers la fontaine. Et il y eut un long, très long silence.
— J’ai la sensation de vous perdre, dit-elle d’une voix éteinte. De vous avoir tous déjà perdus.
— Ce n’est pas vrai. Soyez la mère de la race que vous avez créée et non sa tutrice, et vous verrez. Vous recevrez ce qui vous est dû. Libérez-nous et regardez-nous prospérer. »

« Fhurie se dirigea vers la porte qui menait au Sanctuaire. D’abord, il allait avertir Cormia, puis ils iraient ensemble voit la directrix et—
Il se figea à peine la porte ouverte.
Le ciel était d’un bleu pur. L’herbe devenue verte… avec des jonquilles jaunes, et des roses de toutes les couleurs de la palette… et les immeubles ? Rouge, bleu marine…
Il vit toutes les Élues émerger de leurs quartiers, tenant à pleines mains leurs robes multicolores, regardant autour d’elles, pleines d’excitation et d’émerveillement.
Cormia sortit en courant du temple du Primâle, son ravissant visage tout étonné quand elle nota le changement. Puis elle le vit, posa les deux mains sur sa bouche et se mit à cligner très vite des yeux. Avec un cri, elle souleva le bas de son adorable robe lavande et courut vers lui, avec des larmes qui coulaient sur ses joues.
Il la rattrapa quand elle se jeta sur lui, et souleva le corps chaud pour le serrer contre le sien.
— Je t’aime, répétait-elle éperdument. Je t’aime… je t’aime.
En ce moment précis, avec le monde qui se transformait autour d’eux, et sa shellane bien à l’abri dans ses bras, Fhurie ressentit une émotion qu’il n’avait jamais connue.
Il se sentit enfin le héros qu’il avait toujours rêvé d’être. »



— John.
Il se figea. Puis se retourna.
Quand il croisa le regard las de Tohr, il faillit s’effondrer, comme si ses genoux avaient brutalement disparu.
Le mâle ferma les yeux et lui ouvrit les bras.
John courut jusqu’au lit et s’agrippa de toutes ses forces à son père. Cachant la tête contre ce qui avait été une large poitrine, il écouta le cœur qui battait encore à l’intérieur. Et si c’était lui qui serrait le plus fort, ce n’était pas parce que Tohr n’essayait pas, mais juste qu’il n’en avait pas la force. Et ils pleurèrent ensemble jusqu’à en perdre le souffle.

« Qui suis-je, dit-il à son reflet en articulant les mots.
John releva les lèvres et se pencha en avant pour examiner ses canines.
— Ne me dis pas que tu ne les avais jamais remarquées.
Il virevolta. Et vit Xhex appuyée contre la porte, les enfermant ainsi ensemble.
Elle portait le même uniforme noir que de coutume, mais John eut la sensation de n’avoir jamais encore vu son débardeur serré et son pantalon de cuir.
— Tu ne marchais pas très droit en entrant là-dedans. Je voulais juste vérifier que ça allait.
Les yeux gris le regardaient bien en face, et il parierait qu’elle n’était pas du genre à détourner le regard. La femelle avait les yeux d’une statue, directs et imperturbables.
Une statue incroyablement sexy.
— J’ai envie de te baiser, articula-t-il sans se soucier d’avoir l’air idiot.
— Vraiment.
Bon, manifestement, elle savait lire sur les lèvres. Ou peut-être sur les queues— parce que la sienne s’agitait sec dans son jean pour tenter de s’exprimer.
— Ouais.
— Il y a dans ce club beaucoup d’autres femmes.
— Mais aucune comme toi.
— Je pense quand même que tu serais mieux avec les autres.
— Et je pense que tu serais mieux avec moi. »


« Et une brève seconde, Fhurie se figea.
Un moment parfait. Un moment éternel. Si net, si pur, si lumineux. Il en absorba tous les détails, depuis le poids du corps de la femelle dans ses paumes, jusqu’à son sexe brûlant serré sur le sien, et sa gorge sous sa bouche, et leurs parfums mêlés à celui de la forêt et de l’air nocturne. Il sentait le parfait équilibre de ses deux jambes, la véritable et la prothèse, et les mains agrippées à sa chemise. Il entendait le battement fou du cœur contre le sien. Et humait leur sang à tous les deux. Et savourait l’érotique tension qui les nouait.
Et plus que tout, il ressentait l’amour qu’ils se portaient mutuellement. Il n’avait jamais rien vécu d’aussi réel, d’aussi présent, d’aussi intense.
C’était le cadeau de la réhabilitation que ce recouvrement de ses sens, pensa-t-il. La capacité de vivre le présent avec cette femelle qu’il adorait et en être pleinement conscient.
Et il évoqua ce que Jonathan avait dit lors de la réunion : « Je souhaite encore plus être là que me shooter. »
Oh que oui. Bon sang… oui ! »

« Xhex sentit son cerveau se remettre aussi en route. Mais alors une image en émergea, et inversa son retour à la stabilité.
John Matthew.
Quel salaud ce John Matthew ! Merde, ce n’était qu’un gosse, pas vrai ? Alors, qu’est-ce qui lui avait pris de lui faire des avances sexuelles ?
Elle le revit, bien campé sous les lampes fluorescentes de la salle de bain de la mezzanine, le visage dur comme celui d’un guerrier et non d’un gamin. Et un corps de mâle capable de fournir, et non d’un timide avec des problèmes d’ego.
Elle s’étira pour récupérer son pantalon, et sortit le papier qu’il lui avait donné. Elle le déplia et lut ce qu’il avait écrit : La prochaine fois, crie mon nom. Ça sera encore meilleur.
Elle grogna, froissa le message et le jeta au loin. Et pensa à se relever pour le brûler.
Au contraire, elle mit sa main entre ses cuisses.
Et tandis que le soleil se levait et se répandait sur le fleuve, Xhex imagina John couché sous elle, enfonçant en elle l’énorme sexe qu’elle avait vu dans son jean, levant les hanches pour scander ses mouvements tandis qu’elle le chevauchait follement…
Elle n’arrivait pas à croire qu’elle cédait à un tel fantasme. Et lui en voulait mortellement pour ça. Elle aurait voulu arrêter. Si elle l’avait pu, elle se serait arrêtée.
Mais elle cria son nom.
Deux fois. »

« Ayez foi en vos enfants.
La Vierge Scribe avait de nombreux pouvoirs. Elle voyait les évènements à venir, aussi bien les tragédies que les victoires, mais elle n’était qu’un grain de sable sur une plage immense. Et ne pouvait certainement pas prévoir la vaste trame de l’avenir. Et comme le futur de la race qu’elle avait fait naître était lié au sien, elle était incapable de savoir si son peuple allait prospérer ou disparaître.
La seule option qui lui restait était donc d’agir sur le présent. Parce que le Primâle avait raison: Ses bien-aimés vampires mouraient peu à peu. Et si les choses ne changeaient pas, il n’en resterait bientôt plus aucun.
Le changement était la seule façon de faire évoluer le futur. D’avoir un futur.
La Vierge Scribe repoussa le capuchon noir de sa tête et le laissa retomber dans son dos. Puis elle étendit la main et envoya, à travers l’air immobile, un chaud rayon de molécules en direction de sa fille.
D’un seul coup, Payne ouvrit ses yeux blanc et glacés comme des diamants— si semblables à ceux de son jumeau, Viscs.
— Ma fille, dit la Vierge Scribe.
Elle ne fut pas véritablement surprise de la réponse.
— Va te faire foutre. »

« Quelqu’un changea d’opéra.
Oh, merde. Cette fois, c’était Puccini : « Che Gelida Manina. »
De tous les CD disponibles, pourquoi avoir choisi celui qui lui ferait le plus de mal ce soir? Seigneur, il n’avait plus écouté La Bohème depuis… une éternité à ce qu’il lui semblait. Et cet air qu’il avait tant aimé lui serra si douloureusement le cœur qu’il en perdit la respiration.
Fhurie posa les deux mains sur son fauteuil et s’apprêta à se lever. Parce qu’il ne pouvait pas supporter ça. Cette voix de ténor magnifique et somptueuse qui lui rappelait tellement—
Zadiste apparut à la lisière de la forêt. Il chantait.
C’était sa voix qui résonnait dans la nuit et non celle d’un CD à l’intérieur de la maison.
Le chant de Z avait une profondeur inouïe tandis qu’il traversait la pelouse d’un pas accordé aux notes fluides et sonores. Et le vent devint un instrument de l’orchestre, emportant les sons glorieux par delà les terres et les arbres et jusqu’aux cieux où seul un tel talent avait pu naître.
Fhurie se retrouva debout, porté par la voix de son frère car ses jambes n’auraient pu le soutenir. Ce chant était le merci qui n’avait jamais été dit. Ce chant était la gratitude enfin exprimée pour un sauvetage et la vie qui en avait découlée. Ce chant était le cri de joie d’un nouveau père qui n’aurait su trouver autrement les mots pour exprimer ce qu’il ressentait.
— Oh… Z… chuchota Fhurie au milieu de l’envol des doux arias.
Tandis que le solo atteignait son apogée, et que les émotions du ténor s’exprimaient en plein, la Confrérie apparut derrière Z. Un par un, tous les Frères émergèrent de la nuit et s’alignèrent. Kohler. Rhage. Butch. Viscs. Tous encore dans les fakata de soie blanche qu’ils avaient mis pour honorer la vingt-quatrième heure de Nalla.
Zadiste chanta la dernière note juste devant Fhurie. Et les paroles « Vi piacca dir ! » vibraient encore quand il leva la main. Avec un énorme ruban de satin vert-et-or.
Á point nommé, Cormia vint se placer près de Fhurie, et mit son bras autour de la taille de son hellren pour l’aider à rester droit.
Zadiste s’inclina et offrit le nœud, disant en Langage Ancien :
— Voudrais-tu faire à ma fille nouvelle-née l’honneur des couleurs de ton lignage et de celui de l’élue de ton cœur ?
La voix de Fhurie était rauque d’émotion quand il accepta l’offrande.
— Je serai honoré d’offrir à ta fille de sang les couleurs de nos deux lignages.
Quand Z se redressa, il fut difficile de savoir lequel fit le premier pas. Il est probable qu’ils avancèrent en même temps. Aucun des deux ne parla tandis qu’ils se tinrent embrassés. Parfois, les mots ne sont que des assemblages de lettres, pas assez forts pour exprimer la violence de certains sentiments.
Derrière eux, La Confrérie se mit à applaudir. »

« Kohler versa de l’eau dans le saladier de sel, reposa la saumure, puis avança au dessus de Fhurie.
— Mon Frère, quel est le nom de ta shellane ?
— Elle se nomme Cormia.
Dans un crissement sonore, Kohler dégaina sa dague noire et se pencha sur le dos nu. La lame descendit et grava un C en langage Ancien. Puis le roi recula.
Zadiste dégaina sa dague et s’approcha à son tour.
— Jumeau, quel est le nom de ta shellane ?
— Elle se nomme Cormia, dit Fhurie.
Qui serra les dents et se prépara à la douleur, sachant qu’il la supporterait pour prouver sa force et sa valeur à sa shellane. Pour symboliser ainsi le don qu’il lui faisait de son corps. Une fois qu’il aurait le nom de Cormia gravé dans le dos, il lui appartiendrait. C’est l’objet de la cérémonie.
Zadiste se pencha sur le dos offert et y grava un O. Puis il jeta un coup d’œil vers Bella et Nalla, le cœur plein l’amour pour ses deux femelles. Nalla poussa un cri joyeux et agita sa petite main vers son père. Qui cligna de l’œil en retour.
Viscs dégaina sa dague et avança vers Fhurie.
— Mon Frère, quel est le nom de ta shellane ? (En disant ça, il regarda Jane et roula les épaules, tandis que ce qu’ils avaient vécu un peu plus tôt lui revenait en mémoire.)
Le fantôme de Jane lui renvoya un sourire secret.
— Elle se nomme Cormia, dit Fhurie en sentant le sang couler dans son dos.
Il regarda Cormia, et fut heureux de voir que Mary et Marissa l’entouraient et lui tenaient les mains. Parce qu’elle n’avait pas l’air très bien.
Quant à Fritz, il avait abandonné toute idée de partager son plateau de mouchoirs et les utilisait les uns après les autres, le cœur empli de fierté et d’émotion en regardant la scène.
Fhurie baissa la tête, se préparant à la prochaine entaille.
En se penchant, Viscs pensa qu’il était heureux que Fhurie s’en soit bien sorti. Et que ses discussions avec sa mère aient finalement porté des fruits.
Il avait la vision de cette cérémonie quelques mois plus tôt— et l’avait transmise à Kohler— mais quand même, il n’aurait pas cru que ça mettrait autant de temps à se réaliser. En Langage Ancien, il grava dans le dos du Primâle la lettre R.
Butch s’approcha à son tour, sa dague à la main, pensant au nom de Marissa qui était dans son dos. Et à la fierté qu’il avait ressentie en étant à genoux pour le recevoir. Il regarda celle qu’il aimait tant, et lui sourit.
Et puis, c’était la première fois qu’il lui était donné de graver le dos d’un Frère. Pour Viscs, le prénom de Jane n’avait eu que quatre lettres, et Kohler, Rhage, Zadiste s’étaient chargés de les faire. Même Fhurie n’était pas intervenu, parce que Jane avait absolument tenu à graver la dernière.
— Quel est le nom de ta shellane, mec ?
— Elle se nomme Cormia.
Butch se pencha et s’appliqua à graver un M – il s’était entraîné à l’avance, car le Langage Ancien restait de l’hébreu pour lui. Il s’estima très satisfait de la qualité de son travail.
Lorsque Butch s’écarta, Rhage avança, souffla un baiser à Mary du bout des doigts, puis demanda à Fhurie :
— Quel est le nom de ta shellane, mon Frère?
— Elle se nomme Cormia, répondit Fhurie péniblement.
Il commençait à avoir du mal à déglutir. Et dut poser les deux poings sur la mosaïque du sol.
Rhage se pencha et grava un I sur le dos ensanglanté et courbé.
Puis il y eut un silence. Et Kohler se tourna pour regarder sur la droite— et tous les autres firent de même.
Parce que John Matthew s’avançait à pas lent, tenant fermement le bras d’une silhouette vacillante qui essayait de marcher le plus droit possible. Agrippé au bras de son fils adoptif, Tohrment approcha. Il avait toujours les cheveux long et broussailleux, et une longue mèche banche sur le devant. En avançant, il se mordit si fort l’intérieur de la bouche que sa lèvre saigna.
— Mon Frère, quel est le nom de ta shellane ? demanda-t-il d’une voix éteinte.
Fhurie ne releva pas la tête, et sentit les larmes lui monter aux yeux en pensant que ce qu’il obtenait était ce que Tohr avait perdu.
Puis il se racla la gorge, et regarda Cormia.
— Cormia. Elle se nomme… Cormia.
D’une main tremblante, Tohr sortit une dague noire, puis il s’appuya contre John, prit une longue inspiration pour réunir ses forces… et exécuta d’un seul geste un A en Langage Ancien, parfaitement net et précis.
L’ange déchu, Lassiter, regarda pensivement John ramener Tohrment à sa place et l’installer sur un fauteuil. Puis il leva les yeux au ciel. Et vit une image de Wellsie et de son fils à naître apparaître parmi les nuages du plafond peint— d’où ils regardaient la cérémonie tandis que Wellsie montrait Tohr du doigt à leur bébé.
Elle croisa les yeux sans pupilles de l’ange. Qui la salua de la tête avant qu’elle ne disparaisse à nouveau dans les brumes de l’Au-delà.
»


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camille27

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MessageSujet: Re: ─═☆ Citations extraites du Tome 6 ☆═─   ─═☆ Citations extraites du Tome 6 ☆═─ Icon_minitime1Dim 16 Oct - 4:30

D'abord bravo, c'est vraiment une super idée, j'ai eu l'impression de relire les tomes en vitesse accélérée livre que du bonheur!!!

Et du coup je rajoute ma petite pierre à l'édifice parce que j'adore Lassiter et que là il me fait mourir de rire avec V et Butch!!! jump

La rencontre avec Lassiter:

— Nom de Dieu, dit Kohler dans un souffle, quand l’autre s’arrêta à vingt mètres d’eux. Le mec se mit à rire.
— Eh ben dis donc, n’est-ce pas là le roi Kohler et sa bande de joyeux lurons ? Les mecs, avec une telle allégresse à partager, vous devriez faire des spectacles pour enfants.
— Génial, marmonna Rhage, il a toujours le même sens de l’humour.
— Ça partirait peut-être en lui tapant dessus, grogna Vishous.
— On pourrait lui arracher le bras et s’en servir pour— Quand Kohler leur adressa un grondement féroce, ils affichèrent tous les deux un air innocent en levant les sourcils comme pour demander : « Qui, moi ? ». Le roi secoua la tête et s’adressa à la silhouette lumineuse :
— Ça fait un bail. Grâce à Dieu. Qu’est-ce que tu deviens ? Avant que l’autre ne puisse répondre, Vishous intervint :
— S’il répond une connerie à la Matrix dans le genre : "Je suis Néo", je sens que ça va m’énerver. — T’es sûr que c’est Néo et pas Néon ? demanda Butch. Ça me faisait pourtant penser à un panneau publicitaire. Kohler les regarda, absolument exaspéré.
— Bordel de merde, assez de conneries ! Fermez-la. Tous. M. Lumière se mit à rire.


Phury et Cormia:

— J’adore me réveiller, dit-il en l’embrassant.
— Moi aussi — L’alarme à incendie les interrompit, un hurlement strident qui faisait regretter de ne pas être sourd. Phury éclata de rire et roula sur la côté, la serrant contre lui.
— Cinq
— quatre
— trois
— deux—
— Dééésolééé ! cria Layla en bas des escaliers.
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MessageSujet: Re: ─═☆ Citations extraites du Tome 6 ☆═─   ─═☆ Citations extraites du Tome 6 ☆═─ Icon_minitime1Dim 16 Oct - 7:45

super! j'adore! ─═☆ Citations extraites du Tome 6 ☆═─ 1692888010

_________________
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