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 ATWOOD Margaret - Maddaddam

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Luxx



Messages : 127
Date d'inscription : 10/12/2013

MessageSujet: ATWOOD Margaret - Maddaddam   Lun 21 Juil - 19:54



Maddaddam
Margaret Atwood

Editions Robert Laffont
Sortie le 4 septembre 2014

Quatrième de couverture :
Quand ce roman commence, la plus grande partie de la population de la Terre a été exterminée par une épidémie créée par l'homme, ou plus exactement par un certain Crake, qui avait décidé de sauver la planète en éliminant l'humanité et en la remplaçant par des créatures innocentes, herbivores et pacifistes, les Crackers. Un petit groupe de survivants, comprenant des Maddaddam - des biogénéticiens terroristes qui luttaient auparavant contre les Corporations -, des Jardiniers de Dieu, qui se consacraient à la prière et à la vénération de la Terre, et les Crackers, évolue dans ce monde post-apocalyptique. Leurs leaders, Toby et Zeb, protègent cette nouvelle communauté des offensives des Painballers ultraviolents et des porcons, des hybrides de porcs et d'humains avec qui ils devornt conclure finalement un pacte pour venir à bout de menaces plus dangereuses encore pour tous.

Les survivants forment un groupe traumatisé et cynique mais où naissent des histoires d'amour et de solidarité, signes d'espoir pour l'avenir de l'humanité.

Margaret Atwood met l'homme en garde contre son orgueil démesuré mais nous parle aussi de sagesse, d'amour et d'obstination acharnée à rester en vie.Entre bataille, espionnage, cyberhacking, romance, meurtre et tension sexuelle: Maddadam est un roman d'anticipation à l'humour noir et à l'intelligence acérée, un roman total, qui clôt la trilogie Maddaddam après Le Dernier Homme et Le Temps du Déluge.

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Luxx



Messages : 127
Date d'inscription : 10/12/2013

MessageSujet: Re: ATWOOD Margaret - Maddaddam   Lun 21 Juil - 19:59

Mon avis:

Lecteurs, ne vous arrêtez surtout pas au résumé je vous en prie ! Car si en effet, ce troisième tome qui vient clôturer le cycle entamé par Le Dernier Homme et Le Temps du Déluge peut sembler de prime abord absurde et échevelé, c’est en réalité une parfaite réussite de dystopie ou de roman d’anticipation, selon votre degré d’optimisme.

Certes, le résumé des deux premiers tomes effraie dans un premier temps, par le nombre de personnages évoqués et la diversité de leur destin. Toutefois, la transition avec le volume précédent s’effectue en douceur : Snowman, dont on suivait jusque là les aventures, est grièvement blessé et secouru par Toby, qui va peut à peu devenir le personnage central via son rôle de « raconteuse d’histoire » auprès du peuple des Crakers.

L’auteure aurait pu se contenter d’un roman d’aventure bien typé SF : un groupe de survivants aux prises avec d’autres humains, produits dégénérés d’une époque qui a mené à la destruction de la vie sur Terre, sur une planète devenue hostile (végétation envahissante et animaux manipulés génétiquement qui en deviennent d’autant plus rusés et dangereux), le tout bien sûr avec des moyens plus que limités (ni eau courante ni électricité, et quasiment plus d’armes ni de munitions).

Ce qui vient d’abord enrichir cette trame de départ, ce sont les flash back qui reviennent sur la destruction de la civilisation humaine, et qui comblent les trous laissés par les tomes précédents en revenant à la genèse même de l’histoire et à la jeunesse de certains personnages principaux. Ce procédé permet en outre de lire ce tome indépendamment des autres (et j’en viens même à me demander s’il n’est pas plus intéressant de commencer par celui-ci). On découvre alors une Terre pas si éloignée de celle que nous connaissons actuellement, aux traits nécessairement grossis, mais pas à l’extrême : un monde où les pirates informatiques et les multinationales se disputent le contrôle des données virtuelles, où les manipulations génétiques se  sont multipliées, où la protection de l’environnement est laissé aux soins de quelques « Ecodingues » considérés comme les membres d’une secte, où, enfin, la démocratie ne fait que maintenir les apparences. J’y ai vu une très fine satire de notre vie moderne, qui ne verse jamais dans la leçon de morale pontifiante.

Pour ne rien gâcher, le style de l’auteur se teinte d’humour grinçant et d’absurde que j’aime infiniment, à travers le personnage de Zeb notamment, même s’il reste une figure d’anti-héros sarcastique assez classique, mais surtout à travers l’évocation de la Sainte Eglise du Petroleum, hilarante et subversive, ou encore par tous les passages dans lesquelles Toby cherche à raconter et expliquer l’histoire au peuple des Crackers, ces grands naïfs innocents prompts à la vénération et au chant religieux, qui font penser dans certains passages aux petits hommes verts de Toy Story quand ils s’extasient en chœur :  « Ooooooh ! Le graaaaaappiiinnnn ! ».

Toutefois, il ne faut pas minimiser pour autant le rôle de ces personnages, qui donnent toute sa profondeur au message final. Ces gentils sauvages, créés par un homme et débarrassés d’après lui de toutes les tares qui ont conduit l’humanité à sa perte (ils sont végétariens, nudistes, à la sexualité rythmée par des périodes de rut qui les colorent en bleu, etc…), loin de rester les faire valoir des humains qu’ils accompagnent, vont évoluer avec eux au fil du récit. On voit comment ils cherchent à travers les fables simplistes qu’on leur raconte à s’approprier leur histoire, à comprendre les mystères de leur création et la raison de leur présence sur Terre. Comment, de cette quête d’identité, émergent les débuts d’une pensée religieuse, avec ses prophètes et ses saintes écritures. Comment enfin l’innocence finit toujours se corrompre et se dissoudre face aux désillusions de notre condition humaine. J’ai parfois pensé au magnifique roman Sa Majesté des Mouches, de Golding, d’autant plus du fait de l’intervention des porcons… Et si finalement ce qui nous rend humains nous condamnait à commettre toujours les mêmes erreurs ?

Bref, un roman que l’on peut lire comme un très bon divertissement mais qui peut aussi nous emmener dans de vastes réflexions. J’ai adoré, je recommande, et sans réserves !
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Delphine
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Messages : 2189
Date d'inscription : 27/06/2012
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MessageSujet: Re: ATWOOD Margaret - Maddaddam   Mer 23 Juil - 3:01

Quelle belle chronique, bravo ! Là ça donne envie, je ne connaissais pas bien cette auteure... En plus, elle sera au festival America c'est top  trop la classe
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MessageSujet: Re: ATWOOD Margaret - Maddaddam   

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