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 ARAMBURU Fabrice : Années lentes

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Fariboles
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MessageSujet: ARAMBURU Fabrice : Années lentes   Mer 2 Avr - 11:43


Années lentes
Fabrice Aramburu

Sortie le 9 avril 2014

Quatrième de couverture:

À la fin des années soixante, le protagoniste du roman, un garçon de huit ans, part vivre à Saint-Sébastien, chez sa tante et chez son oncle. Là, il est témoin de la façon dont s’écoulent les jours, dans la famille et dans le quartier : son oncle Vicente, faible de caractère, partage sa vie entre l’usine et la taverne, et c’est sa tante Maripuy, une femme à forte personnalité mais soumise aux conventions sociales et religieuses de l’époque, qui en réalité gouverne la famille ; sa cousine Mari Nieves est obsédée par les garçons, et son rustre et taciturne cousin Julen est endoctriné par le curé de la paroisse et finit par être enrôlé dans l’ETA qui vient de faire son apparition. Le destin de tous les membres de la famille – le même que celui de nombreux personnages secondaires de l’histoire, acculés par le besoin et l’ignorance – subira, des années plus tard, une terrible rupture. En faisant alterner les mémoires du protagoniste avec les notes de l’écrivain, Années lentes propose une brillante réflexion sur la façon dont la vie se distille dans un roman, dont le souvenir sentimental devient mémoire collective, tandis que son écriture diaphane laisse entrevoir un fond plutôt trouble de culpabilité dans l’histoire récente du Pays Basque.
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Luxx



Messages : 127
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MessageSujet: Re: ARAMBURU Fabrice : Années lentes   Lun 14 Avr - 20:49

Mon avis:

J'ai beaucoup aimé ce roman. Vraiment. Je lui trouve des défauts, je vois bien tout ce qui pourrait déplaire chez lui, mais je l'aime quand même, et c'est bien la preuve d'un amour véritable, n'est ce pas ?

L'auteur a choisit de nous faire partager un peu de la vie d'une famille de Saint Sébastien durant la période franquiste, dans un quartier populaire mais pas misérable, à une époque durant laquelle, comme l'indique le titre, l'Espagne semblait ne pas suivre le rythme du reste de l'Europe, bien loin des révolutions du travail et des mœurs de la fin des années soixante.

Le jeune héros est envoyé par sa mère, qui peine à le nourrir, vivre chez son oncle et sa tante en compagnie de son cousin et de sa cousine. Avec une infinie justesse, en évitant à la fois le cynisme et le misérabilisme, l'auteur nous fait ainsi rentrer dans l'intimité d'une famille dont chacun des membres a son lot de faiblesses. Aucun d'eux n'est à proprement parler un héros de roman, mais bien plus un être normal, qui se débat comme chacun de nous avec ses problèmes. Parfois lâches, parfois injustes, on finit par s'y attacher et par compatir, au sens plein du terme. Sans juger, l'auteur parvient à nous dépeindre une famille typique, non parce qu'elle correspond à une série de clichés littéraires, mais au contraire parce qu'elle pourrait vivre à côté de chez nous. J'aime infiniment cette façon de faire, qui sans moralisme nous amène à plus de tolérance. On finit par se dire que les gens font ce qu'ils peuvent, du mieux qu'ils le peuvent, avec ce que la vie leur donne. Loin des grands discours, des envolées héroïques, je trouve le message beaucoup plus puissant quand on le délivre de cette façon.

Qui plus est, la littérature hispanophone possède à mon goût un petit quelque chose assez indéfinissable, de l'ordre du léger décalage, du dépaysement, avec un côté surréaliste. Cela tient sans doute au fait que nous partageons beaucoup de points communs dans la culture et presque dans la langue, mais que pourtant les façons de penser sont radicalement différentes. De plus, l'Espagne comme l'Amérique Latine sont des terres de paradoxes, prises entre l'influence d'un catholicisme intransigeant et des superstitions millénaires, entre la joie de vivre qu'on leur prête et les terribles déchirements de l'Histoire. Alors que ce roman nous décrit la vie classique d'une famille classique dans un pays voisin, j'ai eu le sentiment de rentrer dans une bulle toute particulière, comme une parenthèse hors du temps et de l'espace.

Venons en finalement à ce qui m'a moins plut : le roman alterne chapitres classiques, transcription littéraire des souvenirs que le narrateur transmet à l'auteur, et notes de travail dudit auteur. Certes, le procédé est original, et voir ainsi le travail en cours est tout à fait intéressant, d'un point de vue intellectuel. Qui plus est, il me semble que ces interruptions sont nécessaires à l'auteur, pour maintenir la remarquable distance qu'il a marquée entre lui et ses personnages ou pour garder une ambiance neutre, presque froide, qui empêche le lecteur de sombrer dans le sentimentalisme, même lorsque les événements virent au tragique. Au final, nous restons les témoins de la vie des personnages, sans jamais nous identifier à eux, comme des voisins curieux.

Je trouve toutefois à titre strictement personnel que ce procédé affaiblit un peu le parti pris initial qui me plaisant tant, et qu'il s'agit plus d'une originalité un peu superflue.

Je vous conseille portant sans réserve ce joli roman doux amer, dont la simplicité et la justesse ne pourront que vous toucher.
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