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 Table Ronde sur la Romance Homosexuelle - Salon du Livre 23 mars 2014

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Karen
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MessageSujet: Table Ronde sur la Romance Homosexuelle - Salon du Livre 23 mars 2014   Mar 25 Mar - 9:59

TABLE RONDE : LA ROMANCE HOMOSEXUELLE




Pour parler de Romance Homosexuelle, les éditions Harlequin HQN, ont invité sur leur stand deux auteurs qui ont initié le genre dans leur collection, Sylvie Géroux, auteure de Nadya et Elena, et Alex Lether, auteure de De chair de d’ombre. J’ai eu le plaisir de pouvoir leur poser quelques questions, ainsi qu’à Karine Lanini, l’éditrice HQN, présente également autour de la table, qui a pu nous régaler du point de vue d’un éditeur sur ce « phénomène ».

Résumés des deux romances :


Nadya et Elena : Lorsqu’elle arrive au village olympique de Londres, Nadya n’a qu’une seule idée en tête : décrocher la médaille d’or. Rien d’autre ne compte, et rien ne la détournera de son objectif. Du moins le croit-elle. Car, un soir, après l’entraînement, elle aperçoit sur la piste la silhouette gracile d’Elena Lumiya, qui fait naître en elle un trouble intense, et la déstabilise complètement. Et lorsque, quelques jours plus tard, la belle Ukrainienne vient lui parler, un sourire éblouissant aux lèvres, Nadya a le sentiment que tout son univers bascule d’un seul coup. Mais après toutes ces années d’entraînement intensif, à mettre entre parenthèses sa vie amoureuse, ses questionnements, sa jeunesse, est-elle vraiment prête à tout remettre en cause pour une beauté blonde ?


De chair et d’ombre : La nuit, l’Ombre est le plus grand des voleurs du royaume, mais aussi l’espion du roi. Le jour, il redevient Méthias, courtisan nonchalant dont tous les nobles se méfient. Adamon, le chef de la garde, n’en a aucune idée et continue de traquer l’Ombre sans relâche comme l’ennemi public numéro 1. Pourtant, sans le savoir, il connaît depuis l’adolescence cet homme qu’il rêve de capturer. Et non seulement il le connaît, mais il en est très proche. Si proche, que ce dernier éprouve pour lui des sentiments qu’il a de plus en plus de mal à dissimuler…



La romance homosexuelle explose aujourd’hui en France, après avoir connu un succès retentissant ces dernières années dans les pays anglo-saxons, sous l’appellation de M/M Romances (Man to man). La demande de traductions ou d’œuvres spécifiquement francophones était tellement importante que les éditeurs n’ont pu passer à côté. Et 2013 a vraiment signé en France l’introduction de ce genre, avec la mise en place chez Dreamspinner Press (le spécialiste du genre) d’une section de traductions en français, ou la sortie chez HQN, la section francophone et numérique de Harlequin, de romances purement francophones.


Encore à ses débuts, il s’agit quasi exclusivement de publications en numérique. Pensez-vous que ce soit justement cette spécificité qui a permis à ce genre très particulier de sortir au grand jour et de fournir aux lecteurs une gamme plus riche et plus variée (notamment érotique) ?

Sylvie : Je pense que ce n’est pas un hasard si cette diversité est apparue en même temps que la collection tout numérique. La spécificité du numérique est en partie le coût moins important de la publication. Cela a pu donner aux éditeurs la liberté de prendre quelques risques.

Alex : Il y avait déjà une demande, pour ne donner qu’un exemple, les mangas yaoi ne sont pas nouveaux. De plus, sur le net, on trouve depuis quelques années déjà des fictions timides et un grand nombre de fanfictions qui reprennent deux personnages masculins de séries ou de romans pour les mettre en couple (un des plus connu étant celui composé de Harry Potter et son ennemi juré Drago). L’intérêt pour ce genre était déjà très présent, c’est pourquoi  je pense en effet que le numérique a beaucoup facilité la visibilité du m/m, même si les auteurs n’ont pas attendu le numérique pour en écrire. Tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, ce genre serait devenu visible. Il n’a vraiment pris de l’ampleur que ces deux dernières années sur la toile et les éditeurs ne pouvaient pas rater le coche.
Maintenant, il est certain qu’en France nous en sommes vraiment aux débuts, dans la période où le m/m sort vraiment au grand jour. Ainsi, le numérique (dont le coût est plus bas) permet en quelque sorte aux éditeurs de « prendre la température » et d’offrir une gamme plus riche et plus variée à un coût moindre. Avec une publication papier, les contraintes financières et éditoriales impliquent que l’éditeur doit faire des choix. Par exemple, admettons que c’est la bit-lit qui prédomine, il peut être tenté de laisser de côté de bons m/m qui se déroulent dans un contexte antique. Le numérique permet donc à l’éditeur de publier des récits plus atypiques ou moins « à la mode » et le lecteur y gagne aussi.
D’autre part, le sujet de l’homosexualité est encore difficile et source de discriminations, tout comme les récits érotiques (et la romance en général) souffrent d’une mauvaise image pour ceux qui se prétendent garants de la « bonne littérature ». Pourtant, paradoxalement, la romance et l’érotisme sont ceux qui marchent le mieux et qui attirent une plus grande partie des lecteurs, même s’ils se sentent parfois obligés de se cacher. L’avantage d’une tablette ou d’une liseuse, c’est qu’elle permet d’éviter les regards méprisants ou condescendants puisque les autres ne peuvent pas voir la couverture.
Un autre avantage du numérique, c’est que dans le cas de récits divertissants et sans prétention, le lecteur ne voudra pas forcément avoir l’objet livre entre les mains et préfèrera investir dans une version papier uniquement pour ses coups de cœur. Ainsi, le coût moindre des ebooks permet au lecteur d’acheter davantage de récits sortant du cadre de ses lectures habituelles. Forcément, ça contribue aussi au développement de tous les sous-genres de la romance.
Toutefois, pour en revenir aux romans traitant de l’homosexualité, ces récits ne sont pas exclusivement numériques : depuis quelques années, plusieurs auteurs se sont lancés dans l’auto-édition, certains par choix, et certains parce qu’ils ne souhaitaient pas renoncer à leur rêve de publication malgré le manque d’intérêt des éditeurs (et la suite leur a prouvé qu’ils avaient raison puisque ce genre est justement en train de s’ouvrir). On peut donc trouver leurs récits en version papier. D’autre part, en ce qui concerne les romans à destination d’un lectorat homosexuel, cela fait plusieurs années que des maisons d’éditions (telles que H&O ou Les Editions Gaies et Lesbiennes pour citer les plus connues) publient des récits traitant de relations entre personnes du même sexe. Il s’agit évidemment d’une niche, mais la littérature homosexuelle existait déjà avant le numérique et surtout avant qu’on ne la sépare en différentes catégories (m/m, yaoi, érotique gay…).
Voilà pourquoi je pense que le numérique a permis de développer davantage ces genres et a favorisé leur visibilité, notamment pour le m/m puisque ce sont les femmes qui achètent le plus de romances, mais je pense que ça se serait produit tôt ou tard parce qu’avec l’évolution des mœurs le m/m ne demandait qu’à sortir au grand jour.



Avez-vous eu des difficultés à être publiées ? Est-ce que HQN a tout de suite été favorable au genre et n’a pas été réticente au début ou a cherché à vous censurer ?

Sylvie : J’ai été publiée chez HQN suite à un concours organisé par les éditions Harlequin et le site WeLoveWords. Le jury a choisi 12 manuscrits sur les quelques 200 qui lui avaient été envoyés. Ma romance lesbienne a donc été choisie en toute connaissance de cause par HQN et sans qu’aucune pression n’ait été faite pour que j’y change quoi que ce soit. Je n’ai vraiment senti aucune réticence de leur part.

Alex : Non, étant donné le genre de mon récit, j’ai eu de la chance. J’ai pu cibler 10 éditeurs susceptibles d’être intéressés (ce n’est pas beaucoup) et sur ces 10, trois d’entre eux m’ont recontactée pour un accord, ce qui est un résultat relativement rare quand il s’agit de contrats à compte d’éditeur. Je n’ai donc pas rencontré de difficultés particulières et je peux même dire que tout s’est déroulé assez vite, en comparaison du parcours « classique » des auteurs qui témoignent de leur expérience sur des forums. Je pense que je suis arrivée pile au bon moment, parce que ces éditeurs commençaient à chercher ce type de romance. En ce qui concerne HQN, c’était même indiqué sur leur site dans leur guide de soumission de manuscrits.
Quoi qu’il en soit, aucun éditeur n’a cherché à me censurer, en tout cas pas sur cet aspect. Les coupures demandées concernaient des passages longs ou des répétitions qui pouvaient parasiter la dynamique du récit, et ne portaient pas les scènes intimes ou la romance elle-même.


Ce que les lectrices lisent et demandent avant tout c’est de la romance gay. Du coup, la romance lesbienne est encore quasiment inexistante en français. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
A Alex : Comment expliquer l’engouement des femmes, parce qu’il s’agit essentiellement d’un public féminin, pour la romance gay ?

Alex : Selon moi il y a plusieurs raisons qui expliqueraient cet intérêt, et qui peuvent se mélanger selon les lectrices :
- Les lectrices hétéro aiment bien imaginer un beau mâle. Quand il y en a deux, c’est encore mieux.
- Les lectrices hétérosexuelles y trouvent la possibilité de s’identifier à un homme pendant les quelques heures de leur lecture. Comme elles ont choisi une romance, il est important que le personnage qu’elles « incarnent » puisse tomber amoureux d’un personnage proche de leurs goûts dans la vie réelle, donc d’un autre homme. Cela favorise d’ailleurs l’identification au héros.
- Certaines lectrices sont parfois frustrées en lisant des romances contemporaines qui véhiculent encore des clichés (souvent involontaires) sur les rapports hommes-femmes. Je ne dis pas que c’est le cas de toutes les romances, beaucoup ont évolué depuis quelques années et présentent des héroïnes fortes, indépendantes et tout aussi touchantes. Mais malheureusement certaines histoires comportant une vision de la femme qui n’est pas totalement dégagée du machisme qui est hélas ! encore trop présent dans notre société. En choisissant une romance m/m, la question ne se pose même pas pour la lectrice. Elle ne se demande pas si elle va tomber sur une héroïne forte ou sur une « nunuche », si l’héroïne aura à lutter pour se faire respecter (et surtout, si elle gagnera ce combat !) ou si le respect auquel elle a droit sera une évidence dans l’histoire… La lectrice sait d’office que les deux personnages seront placés sur un même pied d’égalité, du moins en théorie (notamment quand l’auteur s’écarte des schémas classiques du yaoi). Si l’un des personnages domine l’autre dans le récit, en tout cas cela n’aura rien à voir avec le fait qu’il est né homme ou femme. Au moins, on évite les frustrations ou la sensation de malaise qui peuvent en découler (et que moi-même ai déjà pu ressentir) à la lecture d’une romance plus « classique ».
- Il y a peut-être aussi tout simplement de la curiosité, l’envie de lire des romances qui s’écartent des genres plus habituels. La romance m/m offre aux lectrices des histoires suffisamment diversifiées pour qu’elles y trouvent leur compte. Jusque-là, elles pouvaient piocher chez les quelques éditeurs spécialisés en littérature homosexuelle, mais la plupart de ces récits répondent aux attentes de leur lectorat habituel et les lectrices hétérosexuelles n’y trouvent pas forcément toutes ce qu’elles recherchent : elles veulent parfois plus d’émotion, de tendresse, ou un style plus adapté à leur goûts ou leurs habitudes tout simplement. L’émergence du m/m vient donc de cette volonté d’adapter les récits homosexuels aux attentes d’un lectorat féminin qui recherchent des histoires plus « romantiques ». Personnellement, je fais la distinction entre roman homosexuels, romance m/m et mangas yaoi, qui se ressemblent en apparence mais qui peuvent être très différents dans la manière de raconter l’histoire (même si pour d’autres récits la frontière est très mince).


A Sylvie : Pourquoi une telle absence encore de la romance lesbienne ?

Sylvie : Ce n’est malheureusement pas une tendance réservée à la romance. Le visage de l’homosexualité en France reste plus facilement masculin. L’homosexualité féminine est plus discrète de façon générale et d’une certaine façon plus tabou. Il est difficile de réellement expliquer pourquoi la communauté lesbienne semble moins active et moins présente. Mais si vous prenez un exemple concret, il existe des dizaines de bars gays à Paris et dans toutes les grandes villes. Mais trouver un bar lesbien relève souvent du parcours du ou plutôt de la combattante. Et si un bar gay est mixte, vous trouverez à coup sûr 80% d’hommes. Pourtant la logique des statistiques voudrait qu’il y ait autant de lesbiennes que de gays.
Concernant la romance, comme vous le dites le public est majoritairement féminin et j’ajouterai hétérosexuel, et le saphisme est un fantasme historiquement plutôt masculin. De leur côté les lesbiennes en recherche de lecture vont peut-être plus facilement se tourner vers des éditeurs spécialisées comme KTM éditions ou les Editions Gays et Lesbiennes. Il y a donc un certain chemin encore à parcourir pour que la romance lesbienne trouve sa place naturelle chez les éditeurs traditionnels.



Est-ce que du coup vous pensez qu’il s’agit juste d’un effet de mode, ou un phénomène qui a de beaux jours devant lui et qui doit encore faire ses preuves ?

Sylvie : Il y a une phrase que j’ai retrouvée plusieurs fois dans les commentaires qui ont suivi la publication de Nadya & Elena et qui m’a particulièrement interpelée. Certaines personnes pensent que « c’est à la mode d’être homosexuel de nos jours ». Cette affirmation est vraiment surprenante quand on suit l’actualité en France et dans le monde un minimum. L’homophobie est une réalité qu’on ne peut occulter parce qu’un éditeur a l’idée de publier quelques romances gays et lesbiennes ou parce qu’on peut voir une famille homoparentale dans tel ou tel téléfilm. L’homosexualité n’est pas à la mode, on voit simplement en France une certaine ouverture des médias à la diversité ce qui est une excellente chose. Et j’espère que ce phénomène a de beaux jours devant lui, car la représentation des homosexuels dans le paysage culturel français quel qu’il soit est un passage obligé vers la « normalisation » de l’homosexualité.

Alex : Un peu de tout ça à la fois, je pense… Je ne peux pas anticiper sur le développement de ce genre dans les prochaines années, mais évidemment, il y a l’effet de mode qui est là, à savoir qu’on va pas mal en parler ces prochains temps à cause de la nouveauté.
Ensuite, nous constatons une évolution des mœurs, le besoin de rejeter certains tabous, ce qui a permis à des récits ou des genres particuliers de susciter un engouement encore impensable il y a 10 ans. Les femmes, premières cibles des éditeurs de romance, n’hésitent plus à afficher leurs goûts et leurs exigences dans ce domaine. Il y a de toute façon une partie du lectorat qui aime le m/m et cela, pas uniquement à cause de l’effet de mode. D’autres comme moi y songeaient déjà il y a vingt ans, avant de savoir que cela deviendrait un genre à part entière (et avant même de lire la moindre histoire sur le sujet). Ainsi, il serait dommage pour les éditeurs de laisser retomber cet intérêt et je pense que c’est effectivement un phénomène qui a encore de beaux jours devant lui. (Mais forcément, en tant que lectrice et auteure, je n’ai qu’une vision partielle des choses et je peux me tromper).
L’engouement récent pour ce genre signifie, parallèlement, que de nombreux auteurs seront attendus au tournant. J’ai eu la chance de figurer parmi les premières à intéresser un grand éditeur, mais le développement du m/m implique que nombre d’auteurs (qui jusque-là, écrivaient dans leur coin ou publiaient gratuitement sur internet), vont enfin s’autoriser à tenter l’aventure de l’édition. Avec une production plus nombreuse, les lecteurs feront un tri plus sévère dans les récits qu’on leur vend. Inévitablement, il y aura des auteurs qui sortiront du lot avec des romans « coups de cœur », tout comme on oubliera vite les récits de moins bonne qualité, alors la question de la parution papier, si elle se fait jour, prendra en compte ce facteur.



Comment ont-été reçus vos romans ? Avez-vous eu des réactions hostiles et homophobes ou au contraire de personnes gays ou lesbiennes vous remerciant de leur offrir des romans qui leur parlent ?

Sylvie : De la part des lectrices d’Harlequin je n’ai eu que des réactions positives concernant le sujet un peu hors norme du roman. Cela n’a pas toujours été le cas par contre concernant les commentaires des articles parlant de cette publication. Il faut donc croire que les lectrices de romance ont l’esprit plus ouvert que d’autres !

Alex : Ni l’un ni l’autre. J’ai bénéficié d’articles dans la presse parce qu’il s’agissait de la première romance entre hommes de Harlequin, mais cela a davantage suscité un intérêt intrigué ou amusé que des réactions hostiles à mon encontre ou de réels encouragements. Bien sûr, il y a eu des commentaires de lecteurs, qui étaient dans l’ensemble très positifs, mais qui portaient plus sur la qualité du récit que sur son thème. Donc en  ce qui me concerne, je dirais que les réactions des lecteurs sont exactement les mêmes que pour n’importe quel auteur qui aurait écrit une histoire plus « traditionnelle ».


Sylvie, Nadya et Elena fait partie de la première vague de sorties HQN et vous a donc valu plusieurs articles : un article dans l’Express intitulé : « Harlequin sort son premier roman à l’eau de rose lesbien » ou encore chez Youmag « Harlequin pour tous », ou chez Culturebox. Comment l’avez-vous pris ? Vous attendiez-vous à une telle médiatisation ?
Pour d’autres articles : http://news.sylviegeroux.com/newsarchive.aspx

Sylvie : Le premier article m’a pris par surprise. C’était sur le site du Figaro, si je me souviens bien. Je ne l’ai découvert qu’après avoir observé un trafic inhabituel sur mon site internet. J’ai « googlé » mon nom et j’ai eu la surprise de voir apparaître cet article qui ne préjugeait ni de l’auteure, ni du roman mais plutôt des motivations des éditions Harlequin. Les journalistes se servaient dans leur article d’une interview que j’avais donné sur site de culture lesbienne Univers-L.com, ainsi que de quelques informations récupérées sur mon propre site. C’était plutôt étrange, car à lire l’article, on aurait pu penser que j’avais effectivement parlé à ces personnes alors que ce n’était nullement le cas. Cela a été une expérience intéressante de la rapidité de diffusion des informations sur internet et de la « perte » de contrôle qui peut en découler.
La médiatisation en elle-même ne m’a posée aucun problème. Je ne m’y attendais pas spécialement, mais j’assume ce que j’ai écrit comme ce que je suis. L’angle un peu biaisé qu’a choisi le Figaro en parlant d’un certain cynisme des éditions Harlequin à surfer sur une prétendue vague homosexuelle en France m’a un peu plus dérangée. C’est pourquoi  j’ai écrit cette tribune sur le site BibliObs : « Qui veut la peau du harlequin lesbien ». Cela m’a finalement permis de donner mon avis sur la question.


Idem Alex, vous avez eu moins de médiatisation parce que votre roman est sorti plus tard, mais il a fait aussi beaucoup de bruit. Et vous avez notamment été interviewé par Alsace 20 TV sur le thème d’un « roman fantaisie homosexuel » ou encore dans un journal alsacien. Par contre, la romance gay étant plus au goût du jour dans la communauté des lecteurs de romance, vous avez reçu un accueil assez important dans la blogosphère. Vous y attendiez-vous ? Et comment avez-vous pris cette « médiatisation » ?

Alex : Au départ, c’est moi qui ai décidé de contacter le journal l’Alsace, car si les éditeurs se chargent de la partie promotionnelle, ils attendent aussi que l’auteur ne se tourne pas les pouces. Etant novice dans le domaine de la « communication », je ne savais pas trop par quel bout prendre les choses. Sans trop y croire, je me suis contentée d’envoyer un mail au journal en leur demandant timidement si, éventuellement, une colmarienne auteure d’un roman m/m chez Harlequin pouvait les intéresser… J’ai eu de la chance car ils m’ont recontactée très vite mais je m’attendais à un petit encart à la fin des pages divertissement, pas à cette pleine page à la Une du journal local ! J’ai donc été agréablement surprise. Ensuite, forcément, les choses se sont enchaînées : j’ai été contactée par les DNA (l’autre quotidien alsacien), puis par Francis Guthleben, un ancien journaliste devenu auteur et responsable de 5 sites dédiés à l’information numérique qui m’a demandé de faire un petit communiqué de presse, et finalement par Alsace 20 qui tenait à faire une interview dans le cadre de leur émission « 24 heures en Alsace ». Enfin, un humoriste radio qui utilise les infos de la presse pour ses sketchs s’est servi du thème de mon roman pour se moquer des politiques alsaciens (et je trouve qu’il est resté correct en ce qui concerne mon histoire). Maintenant, tout s’est déroulé sur une période d’environ un mois, peu après la sortie du livre, donc tout ça est très vite retombé et ça n’a rien occasionné de perturbant pour ma vie quotidienne.
En ce qui concerne la blogosphère, que vous évoquez également, je vous avoue que je n’en sais rien. Je suis encore peu familière de la toile car j’ai Internet depuis peu de temps (et Facebook depuis encore moins longtemps), donc à part les plus gros forums de romance comme le vôtre, les chroniqueurs « évidents » sur le thème ainsi que les sites de lecture ou de vente en ligne, je n’ai pas beaucoup d’informations pour évaluer l’accueil du roman (mais je pense que les chiffres ne tarderont plus). Tout ce que je peux constater, c’est que les lecteurs qui l’ont commenté sont dans l’ensemble relativement satisfaits et même les plus mitigés ne nient pas avoir passé un bon moment de lecture. C’est surtout cela qui m’importe et peut me pousser à continuer.
En tout cas je n’ai pas à me plaindre de l’accueil que j’ai reçu, car il me semble en adéquation avec ce que peut espérer un primo-romancier ayant encore ses preuves à faire, et c’est déjà formidable d’avoir obtenu ces retours-là, surtout de chroniqueurs et commentateurs habitués à lire de la romance et qui ont de quoi comparer. C’est motivant.


Comment vous-mêmes êtes-vous venues à écrire ce genre ? C’est votre premier roman à toutes deux, est-ce que c’est vraiment ce thème qui vous a inspiré ?

Sylvie : En ce qui me concerne la démarche a été plutôt simple. J’ai eu envie d’écrire une romance, et étant moi-même lesbienne, il m’a paru plus naturel d’écrire sur ce que je connaissais. Les romances lesbiennes ne sont pas monnaie courante comme vous avez pu le faire remarquer, j’ai donc eu envie de tenter l’aventure et d’écrire ce que j’aurais eu envie de lire à certains moments de ma vie.
Si Nadya & Elena est mon premier roman publié, ce n’est pas mon premier manuscrit. J’ai avant ça expérimenté d’autres genres. L’inspiration concernant ce roman est venue directement de l’actualité puisque j’ai écrit cette romance à Londres en plein milieu des Jeux Olympiques d’été. J’ai vécu à Londres 4 ans, et durant la période des Jeux, l’ambiance de la ville était vraiment particulière. Il y avait une énergie extraordinaire, et l’atmosphère était à la fois électrique et bon enfant. J’ai eu la chance d’assister à quelques épreuves sur site, mais j’ai également suivi sur mon petit écran les finales d’athlétisme féminin. C’est en m’inspirant des médaillées d’or du lancer du disque et du triple saut que j’ai commencé à imaginer cette histoire d’amour entre une athlète bulgare et une athlète ukrainienne toute deux engagées dans les JO 2012. L’une est entièrement concentrée sur sa carrière et vit une sexualité complètement réprimée, trop effrayée des conséquences qu’un tel scandale pourrait avoir. L’autre est beaucoup plus délurée mais traîne derrière elle un lourd passé. C’est en fait une rencontre entre deux personnalités très différentes dans un contexte un peu particulier.


Alex : J’ai toujours imaginé des histoires d’amour (le plus souvent dans un contexte fantasy), mais je n’ai jamais rien achevé hormis deux nouvelles avant De chair et d’Ombre. Dans mon imagination, l’histoire principale était toujours assez classique, mais dans un coin de ma tête venait toujours se greffer un couple secondaire, avec des personnages masculins un peu plus en retrait, qui devaient vivre eux aussi une histoire d’amour. Le thème était donc déjà présent dans mon esprit.
C’est ce qui s’est passé avec la genèse de De chair et d’Ombre : j’avais imaginé les prémisses d’une histoire fantasy avec un prince maudit, une héroïne magicienne, et deux personnages secondaires (l’ami du prince et le cousin de l’héroïne). Au fur et à mesure que j’essayais de mûrir cette histoire dans ma tête, je me suis rendu compte que les personnages les plus évidents, intéressants et construits au niveau personnalités, physiques et interactions, étaient ces deux personnages secondaires… J’avais quelques vagues péripéties en tête, mais rien de défini ; pourtant à partir du moment où j’ai pris la décision de zapper mes personnages principaux (dont je me fichais éperdument, en fin de compte) pour me concentrer sur mes chouchous, l’histoire est devenue évidente et s’est écrite toute seule, j’étais en quelque sorte en mode « écriture automatique ». Donc oui, évidemment, le thème m’a inspiré, mais il est probable que me débarrasser de mes contraintes et m’autoriser à écrire sur ce que je voulais vraiment a favorisé mon imagination, tout simplement. J’ai découvert l’histoire au fur et à mesure qu’elle s’écrivait.


Le marché nous propose aujourd’hui essentiellement des romances M/M érotiques, ou du moins contenant des scènes de sexe homosexuelles extrêmement explicites. Or, ce n’est pas absolument pas le cas à toutes les deux. Pourquoi ? Et est-ce que cela vous gêne qu’il y ait encore constamment un amalgame entre romance homosexuelle et érotisme ?

Sylvie : Ce n’était pas dans mon idée quand j’ai commencé à écrire ce roman. Je voulais écrire une romance, pas une romance érotique. Je n’exclue pas l’idée d’écrire quelque chose de plus corsée dans l’avenir, mais ce n’était pas ce que je voulais pour Nadya & Elena. De plus écrire une bonne scène de sexe explicite requiert un certain talent. Je pense avoir encore des recherches à faire sur le sujet !  wink 
L’équation romance homosexuelle = romans érotiques m’énerve au plus haut point. Comme si tous ceux qui voulaient lire une histoire homosexuelle cherchaient absolument de l’érotisme. Je me suis d’ailleurs énervée à ce propos avec Amazon qui classe tous les romans lesbiens et gays dans la section érotique même s’ils ne le sont absolument pas, comme s’il y avait encore quelque chose de tabou dans leurs propos, qu’ils ne doivent être lus que par un public averti. Ils ne m’ont bien évidemment jamais répondu.


Alex : D’une part, parce qu’il s’agit d’un premier roman. Je n’avais pas envie de me planter avec un texte plus cru alors que c’était la première fois de ma vie que je couchais une scène intime sur papier ! J’étais prête à la modifier selon les souhaits des éditeurs, mais il se trouve que cela a convenu comme ça. Quand on débute, il est difficile de trouver le ton juste, le bon dosage entre le simplement explicite et le vulgaire, alors mieux vaut en faire pas assez qu’en faire trop, car les lecteurs vous pardonneront plus facilement dans ce sens que dans l’autre...
D’autre part, et là c’est mon côté un peu fleur bleue qui parle, je trouve dommage de gâcher la magie de l’acte d’amour par des mots explicites à tout prix. Parfois, il faut que le ton de la scène intime colle au ton employé dans le reste du roman, et pour des questions d’harmonie et d’équilibre dans le récit, insérer une scène explicite au milieu d’un texte plus doux ou plus poétique n’aurait pas forcément collé. Certains n’y prêtent peut-être pas attention, mais j’avoue que cette cohérence d’ensemble est importante pour moi.
Je ne suis pas opposée aux scènes plus explicites et j’aime bien en lire moi-même, mais mon récit ne se concentre pas uniquement sur la romance et il faut savoir garder une certaine crédibilité par rapport aux contraintes de l’intrigue. Si mes personnages avaient préféré se rouler dans le foin au lieu de sauver leurs vies ou de protéger la couronne, ils auraient sans doute eu l’air plus égoïstes que sympathiques… Bon, certains ont apprécié que les scènes soient soft parce qu’elles collaient au reste du bouquin, d’autres auraient préféré qu’elles soient plus explicites parce que c’est surtout la partie romance qui les intéressaient et que le reste leur passaient un peu au-dessus, je respecte ces opinions qui se valent toutes, car elles appartiennent au domaine du ressenti personnel.


Est-ce que vous lisez vous-mêmes de la Romance Homosexuelle et si oui, quels sont vos auteurs préférés ? Il est vrai que le marché francophone est tellement réduit encore, que ça nous permettrait du même coup de connaître de nouveaux univers…

Sylvie : Je ne lis pas spécifiquement de romance M/M. Je lis habituellement plutôt des polars, de la SF ou de l’héroic Fantasy. C’est en partie ce qui m’attirée dans le roman d’Alex, ce mélange était attractif et j’ai bien accroché. Je cherche parfois à lire des romances lesbiennes mais ce n’est pas si facile à trouver. J’ai bien aimé l’attrape-rêves de Léa Viler par exemple.

Alex : Je n’ai pas vraiment d’auteur préféré, ce qui m’intéresse c’est l’histoire, son scénario, même s’il y a de grandes chances que je lise les autres récits d’un auteur qui m’a plu.
Les histoires que j’ai le plus appréciées jusqu’à présent : Justin’love, La dernière concubine, Les yeux de tempête, et mention pour le tout premier que j’ai découvert il y a plus de 10 ans : Cœur de Démon, sur lequel je suis tombée par hasard à la Fnac parce que quelqu’un l’avait mal rangé. C’était peut-être un signe ? En tout cas je crois que ça m’a décomplexée de voir qu’il existait des récits qui correspondaient justement à ce que je voulais lire sans vraiment en avoir conscience.


Quand on pense homosexualité, vu le contexte actuel, on ne peut s’empêcher aussi de penser « cause homosexuelle ». Est-ce que vous recherchez aussi à délivrer un message de tolérance (ou juste à raconter une histoire) ? Et je pense notamment à vous Sylvie : vos héroïnes, Nadya et Elena viennent d’Ukraine et de Bulgarie, deux pays peu tolérants sur la question de l’homosexualité, elles se sont rencontrées lors des JO de Londres et on ne peut que faire le parallèle avec les Jeux de Sotchi qui ont tristement fait parler d’eux sur ce sujet…

Sylvie : Oui, pour moi, sans faire de propagande ouverte, il est important de faire attention au message qu’on peut faire passer même dans une simple romance. La représentation homosexuelle en France n’est pas encore assez naturelle pour qu’on puisse totalement dissocier la culture homosexuelle de la cause homosexuelle comme vous l’appeler. Dans un monde idéal, il n’y aurait ni romance gay, ni romance lesbienne mais simplement des romances multiples dans lesquels chaque tendance serait représentée. Quand on voit les réactions que j’ai pu voir à la publication de Nadya & Elena, on en est encore loin.
J’ai effectivement choisi l’Ukraine et la Bulgarie à dessein parce que les conditions de vie des homosexuels dans ces pays qui sont pourtant si proches de nous sont loin de celles qu’on peut trouver en France. Les jeux de Sotchi ont eux aussi rappelé au monde et en tout cas à l’Europe qui avait tendance à l’oublier qu’il n’y a pas besoin d’aller jusqu’en Afrique pour trouver de l’homophobie étatique.


Alex : En ce qui me concerne, je ne cherche pas spécialement à délivrer un message de tolérance. Les gens bornés ne changeront pas d’opinion simplement parce que quelqu’un leur dit qu’il existe une autre manière de voir les choses, d’ailleurs je ne pense pas avoir la carrure adéquate pour défendre quoi que ce soit. Surtout que je suis hétéro et qu’on pourrait me dire de me mêler de mes affaires.
J’ai surtout voulu raconter une histoire, mais il est clair que même étant petite, je ne me rappelle pas avoir songé qu’il y avait quelque chose d’anormal dans le fait d’aimer quelqu’un du même sexe, peut-être parce que la tolérance fait partie de mon éducation et que je ne crois pas avoir entendu une seule fois mes parents exprimer une opinion négative sur l’homosexualité. Et puisque c’est le genre de récit qui m’est venu naturellement, je ne me pose pas plus de questions que ça.


Quels sont vos projets ? Allez-vous vous aventurer à nouveau dans la romance homosexuelle et si oui de quelle manière (histoires ? érotisme ? gay/lesbienne ?...)

Sylvie : Je suis en train de finaliser un nouveau projet de roman, un thriller soft qui se situe dans la scène lesbienne de Montpellier. Je reste donc dans la romance lesbienne même si celle-ci est pimentée cette fois d’un peu de sang et d’une ravissante serial killeuse.

Alex : Maintenant que j’ai mis un pied timide dans l’édition, ça serait idiot de ne pas tenter de poursuivre l’aventure. Bien sûr, j’ai envie d’écrire d’autres récits, mais je ne veux pas pondre des romans à la chaîne juste pour avoir une présence sur le marché. Il faut que j’y croie, que je puisse mettre un peu de mon âme dans mon histoire. Bien sûr, mon premier récit est un m/m alors forcément, mon nom d’auteur est associé à ce genre, mais je ne souhaite pas non plus m’imposer de contraintes non plus.
Si je décide un jour d’écrire tout autre chose, rien n’est figé (en tout cas pour moi). Mais Pour l’instant, les idées qui me viennent en tête, et les premières lignes de mon nouveau récit, sont plutôt orientées m/m fantasy ou fantastique, parce que c’est ce qui m’intéresse en ce moment. Alors qui sait ?
Dans tous les cas, j’espère être en mesure d’offrir d’autres récits divertissants. Si un lecteur me dit qu’il a passé un bon moment de lecture et qu’il a terminé l’histoire avec le sourire aux lèvres, j’aurai atteint mon but.




Pour Karine Lanini, l'éditrice HQN, il n’a jamais été question de « phénomène de mode ». Ils ont lancé un concours pour trouver les premiers manuscrits HQN et il s’avère simplement que les qualités d’intrigues et de narration de ces romances les ont tout de suite interpellées, sans mettre en avant le fait que ce soit une histoire lesbienne ou une histoire gay. Ce sont de belles romances avant tout. Et le fait qu’elles ne soient en rien érotiques leur a aussi beaucoup plu, car ce n’est absolument pas ce qu’ils recherchaient. D’ailleurs l’équation romans homosexuels = romans érotiques la dérange aussi et elle compte bien montrer que cela n’est pas systématique à travers les romans HQN.
Ils n’ont pas été étonné par la médiatisation parce qu’il faut bien avouer que c’est un phénomène qui interpelle mais n’ont pas cherché à se prononcer ou à répondre aux détracteurs des premiers articles qui ont affirmé que Harlequin cherchait à faire le buzz pour surfer sur un phénomène de mode. Sylvie a très bien répondu dans son article et ils ont préféré rester sur ses propos.
Ce qui est sûr en tout cas, c’est que Sylvie et Alex ont ouvert la voie. Ils ont reçu depuis de très nombreux manuscrits gays et lesbiens (beaucoup plus gays d’ailleurs, ce qui ne fait que confirmer encore nos propos : la romance lesbienne est encore le parent pauvre de ce genre littéraire et on espère en voir beaucoup plus par la suite). Beaucoup sont érotiques, voire très explicites, tellement explicites que même pour leur collection Spicy, c’est beaucoup trop. Mais d’autres sont exactement ce qu’ils recherchaient et nous en aurons donc beaucoup plus par la suite.
D’ailleurs dès le mois de mars, est paru un nouveau roman gay : Sexy Business de David Lange.



Jonathan est puissant, charismatique et dirige l’un des plus grands empires immobiliers des États-Unis.
Troy est jeune, audacieux et l’un des escort-boys les plus demandés de Miami.
Entre eux, une future ex-femme délaissée, bien déterminée à se servir de l’un pour récupérer l’argent de l’autre.
Entre eux, un jeu de séduction intense et sulfureux…


Et d’autres devraient suivre bientôt. La Romance Homosexuelle a donc de beaux jours en France…  génial 

Un énorme merci à Sylvie, Alex et Karine pour ce moment privilégié et pour avoir répondu avec tant d’enthousiasme et de bonne humeur à nos questions. Merci ![/b]
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nikita

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MessageSujet: Re: Table Ronde sur la Romance Homosexuelle - Salon du Livre 23 mars 2014   Mar 25 Mar - 10:39

merci karen pour ce compte rendu ^^

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Ally49

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MessageSujet: Re: Table Ronde sur la Romance Homosexuelle - Salon du Livre 23 mars 2014   Mer 26 Mar - 1:27

Tres interessant !
Merci Karen  biiienn 

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"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites,orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées (...)mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux."

Alfred de Musset - On ne badine pas avec l’amour - Acte II, Scene 4, extrait



Mon livre en cours :Pas Sans Lui (Tome 3) de Katie McGarry
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MessageSujet: Re: Table Ronde sur la Romance Homosexuelle - Salon du Livre 23 mars 2014   

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Table Ronde sur la Romance Homosexuelle - Salon du Livre 23 mars 2014
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