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 MAGELLAN Murielle : N'oublie pas les oiseaux

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Fariboles
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MessageSujet: MAGELLAN Murielle : N'oublie pas les oiseaux   Ven 10 Jan - 14:44

N'oublie pas les oiseaux
Murielle Magellan

Quatrième de couverture:              

C'est l'histoire d'un amour fou, d'un amour improbable et déraisonné, d'un amour comme on n'en vit qu'une seule fois.
Fascinée par les métiers de la scène, une jeune provinciale, discrète et timide, débarque à Paris avec des rêves plein la tête, sa détermination pour seul bagage. À l'École de chansons ou elle prend ses premiers cours, elle est subjuguée par l'un de ses professeurs, charmeur et charismatique, un homme attentif, à la voix pénétrante, de plus de vingt ans son aîné. Si pour elle le coup de foudre est immédiat, le maître, lui, semble de prime abord plus attendri que séduit. Autour de lui, les femmes défilent, attirées comme des papillons de nuit par la lumière. Mais l'histoire ne fait que commencer. Avec cette élève qui n'est ni la plus éclatante, ni la plus extravertie de ses étudiantes, l'insatiable Dom Juan va pourtant vivre une passion au long cours qui ne s'éteindra vraiment qu'avec sa mort. Entre-temps, ils se seront aimés et déchirés, séparés et retrouvés, auront fait un enfant, puis se seront quittés de nouveau, tandis que s'épanouissait le talent de la jeune femme, et que le succès de l'homme, une sommité dans sa profession, connaissait peu à peu le déclin.
Pleine de bruit et de fureur, cette histoire s'étend sur presque vingt ans et retrace toutes les étapes d'une relation amoureuse fiévreuse et chaotique. Une histoire qui renaît plusieurs fois de ses cendres, dans laquelle chacun se reconnaîtra à un moment ou à un autre, car elle évoque tous les moments de la vie de couple, de la première rencontre à la séparation, de la passion aux premiers signes d'ennui, de la fusion à la trahison, et jusqu'au deuil douloureux de celui dont la narratrice pensait, bon gré mal gré, qu'il ferait toujours partie de sa vie. Car elle dresse avant tout le portrait d'un homme complexe et attachant, aux multiples facettes, à la fois mentor, pygmalion, ami, amant, amoureux, compagnon, père, qui se révèle être aussi un séducteur impénitent, un mâle égoïste cherchant sans cesse à se rassurer, voire, dans certaines circonstances, le pire des salauds. Symétriquement surgit l'image d'une femme à la force insoupçonnée dont on assiste à l'éclosion en tant qu'artiste, en tant que mère, qui se construit et se découvre au fur et à mesure qu'elle tente d'échapper au piège de cet amour absolu et dévorant, inapte, par essence, à la rendre heureuse.
Pour son troisième roman, Murielle Magellan a choisi la voie du récit autobiographique. Cette histoire est la sienne, et revendiquée comme telle dès les premières lignes. Tout y est vrai, jusqu'aux extraits de carnets intimes qu'elle a exhumés pour l'occasion, créant un contraste saisissant entre l'écriture brute et naïve de la jeune femme qu'elle a été, et la distance rétrospective de la romancière fine et sensible qu'elle est devenue. Cette démarche littéraire originale lui réussit, comme si son histoire, au fil des pages, nous racontait aussi la nôtre.
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Fariboles
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MessageSujet: Re: MAGELLAN Murielle : N'oublie pas les oiseaux   Ven 10 Jan - 14:46

Mon avis :

Un roman fort, touchant et intense qui nous parle de passion, de désillusion aussi. En somme, de cet amour fou que l’on ne croise souvent que dans les livres. Et pourtant ici, tout est réel car N’oublie pas les oiseaux est un récit autobiographique. C’est  l’histoire de Murielle Magellan et son « homme slave », son mentor et amant pendant plus de vingt ans.    

La narratrice a dix-huit ans lorsqu’elle quitte son Sud-Ouest natal pour « monter » à Paris, des rêves et des étoiles plein la tête, afin d’intégrer une école de chansons. Elle tombe alors sous le charme d’un de ses professeurs,  de vingt ans son aîné, un homme passionné et passionnant, charismatique, à la voix captivante: Francis Morane. Pendant des années, ils vont se croiser, se voir pour un diner, s’offrir une parenthèse le temps d’une nuit avant de s’installer ensemble, de s’aimer vraiment follement. De cette union naîtra même un enfant. Mais derrière l’homme charmeur, affable et séducteur se cache aussi une part d’ombre. Volage, égocentrique, inconstant, c’est un homme difficile à vivre et à retenir dans une vie routinière. Il a une forme de folie, de générosité, de démesure qui font de lui un pôle d’attraction, un soleil  vers qui l’on a envie d’aller, mais auprès de qui on ne peut demeurer trop longtemps sous peine de se brûler les ailes…  

Muriel Magellan revient sur cette belle histoire d’amour avec lucidité et franchise. Elle n’enjolive pas ses souvenirs et sans concession, elle ne se ménage pas. Elle a aimé follement son « Homme slave », elle a souffert aussi, mais elle a aussi grandi, mûri à l’ombre de cette relation. Elle ponctue son récit d’extraits de cahiers qu’elle a tenu au fil des ans. Ils permettent une mise en abîme troublante entre la femme qu’elle était, qu’elle pensait être à l’époque et celle qu’elle est aujourd’hui. Cela rend son récit d’autant plus tangible et émouvant.
Cahier Clairefontaine rouge à carreaux
15-10-90
Pour l’instant je le désire comme une gamine, ce vieux satyre jovial et insolent. Ce sage libertin. Ce salaud généreux. Peut-être que je me dirai que j’ai gâché des années de jeunesse à cause de lui. Ou des mois. J’ai comme l’impression que je vis cette histoire pour l’écrire un jour (sic !).


Elle a une plume tellement belle, sensible et touchante que l’on fait nôtre chacun de ses mots, que l’on plonge dans ce récit sans avoir envie de remonter à la surface, on aime la folie de Morane, on le hait quand il la fait souffrir et on lui pardonne aussi car il est lui, unique, un homme à part. Ce récit d’une histoire d’amour extraordinaire et banale à la fois (cette dualité,  c’est un peu le propre de toutes les grandes histoires) trouve un écho en nous. Elle réveille des souvenirs enfouis, des émotions oubliées et nous ramène avec bonheur sur les chemins de la mémoire. On a tous aimé un jour, souffert et pardonné, on a pleinement vécu en somme. J’ai terminé ma lecture à regret, les larmes aux yeux car ce roman se termine comme il a commencé, par un décès, un adieu à l’homme aimé. Dire que j’ai aimé N’oublie pas les oiseaux n’est pas assez fort, j’ai adoré ce livre, je l’ai ressenti dans mon coeur.
J’ai relevé tellement de phrases, citations marquantes que je vais essayer d’en faire une courte sélection, vous laissant la magie de la découverte de ce livre magnifique…

Première page "C’est l’histoire d’un amour. C’est l’histoire vraie d’un amour. […] C’est parce que cette histoire est vraie en tout point – à d’infimes détails près- que la romancière que je suis a voulu la raconter. Pour en extraire la réalité romanesque, et la restituer, la partager, dans sa nudité, sa beauté, sa cruauté, et sa douceur." 

"Je ne parviens pas tout à fait à cacher mon émotion, la pétulance dans mes yeux. Les petites étoiles. Mais, en réalité, c’était plus profond que cela. J’étais bouleversée. Cette rose était la première incursion du vocabulaire amoureux dans notre histoire.  Elle pénétrait mon récit intérieur. Mon souhait secret. Cette rose qu’il m’offrait avec désinvolture me transperçait.
Elle me transperce encore.
Anodine et intense.
Elle est son premier vrai geste incontrôlé vers moi.
Le premier abandon de celui qui ne s’abandonnait pas."

 
"J’ai vu sa silhouette haute s’éloigner, légèrement courbée.
J’ai vu la silhouette haute s’éloigner et j’ai eu la sensation de la conquête.
La forteresse imprenable cédait enfin. Elle était à mes pieds.
J’avais tellement douté de la profondeur de ses sentiments. Tellement chancelé à l’idée de n’être qu’un modèle de plus dans sa collection.
Ce jour-là, j’ai ressenti son amour dans ma chair. Pas seulement son désir. Son amour. Comme un ciment." 


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