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 TAO LIN, Richard Yates

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Luxx



Messages : 127
Date d'inscription : 10/12/2013

MessageSujet: TAO LIN, Richard Yates   Sam 4 Jan - 21:09


RICHARD YATES
Tao Lin

Sortie le 09 décembre 2013

Quatrième de couverture:
Dakota Fanning a seize ans et vit dans le New Jersey, Haley Joel Osment en a vingt et un et habite New York. Ils font connaissance sur Internet et s'éprennent l'un de l'autre. Le nouveau couple mange bio, vole dans les magasins, disserte sur la vie et l'ennui, mais échoue souvent à se comprendre. Lorsque le jeune homme vient s'installer chez sa petite amie, les personnages se dévoilent, laissant apparaître leurs failles, mais aussi les mensonges et les manipulations.


http://www.amazon.fr/Richard-Yates-Tao-Lin/dp/2290057290/ref=sr_1_2?ie=UTF8&qid=1388865121&sr=8-2&keywords=tao+lin
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Luxx



Messages : 127
Date d'inscription : 10/12/2013

MessageSujet: Re: TAO LIN, Richard Yates   Dim 5 Jan - 10:51

Mon avis :

Tao Lin, le "Kafka de la génération Iphone", nous livre ici sa vision d'une histoire d'amour qui naît sur un chat Gmail. Pour ce qui est de l'intrigue, la quatrième de couverture est très bien faite, et laisse même espérer mieux que ce qu'offre finalement l'ouvrage.

Evidemment, ce n'est pas tant la bluette entre deux jeunes gens que le style et/ou le message de ce jeune auteur à la mode qui fait l'intérêt de la lecture. Ou pas.

Le livre a beaucoup d'atouts pour plaire à un certain public d'intellectuels un peu branchouilles, et d'abord son titre. Richard Yates est en effet un auteur américain majeur bien qu'oublié, que l'on a appelé l'écrivain de l'Âge de l'Anxiété. Ses œuvres mettent en scène des personnages de la classe moyenne du milieu du XXème siècle qui voient leurs espoirs se briser face à l'implacable cruauté de la réalité. Ce qui l'a récemment remis au goût du jour, c'est une adaptation cinématographique réunissant Kate Winslet et Léonardo Di Caprio de son roman Les Noces Rebelles. Tao Lin ne choisit donc pas de refaire la lumière sur ce génie injustement sorti de nos mémoires, il surfe sur une tendance.

Le style ensuite. Pour être tout à fait honnête, je pense qu'il supporte assez mal la traduction. L'anglais est en effet une langue pratique, voire pragmatique, qui colle assez bien à la volonté manifeste de l'auteur de faire simple. Voire très simple. Sujet verbe complément. Sujet verbe complément. Ah mon Dieu un pronom, hérésie, populisme, quelle horreur ! Bref, je me moque, mais il est vrai qu'en français cela donne quelque chose d'assez enfantin, d'autant que l'auteur aime recourir systématiquement aux pseudos de ses personnages. Donc : Haley Joel Osment lui dit telle chose. Dakota Fanning dit telle autre chose. Et Haley Joel Osment et Dakota Fanning sont allés tous les deux dans la cuisine. Après, Dakota Fanning et Haley Joel Osment ont mangé des cookies. Le tout sur 212 pages. Bref, certains trouvent peut être que cela sert le propos de l'auteur, que c'est épuré, moderne et délicieusement absurde. Pourquoi pas.

Mais justement, j'ai aussi un problème avec le message, en tout cas ce que j'en ai compris. La génération internet "connectée et bouffie de solitude" (dixit Les inrock), en quête de sens dans une vie sans queue ni tête... Je pense que toutes les époques ont eu droit au même couplet sur leur jeunesse perdue, en manque de repère, alors que c'était tellement mieux avant, avant les smartphones, avant internet, avant la télé, avant la guerre, avant la Révolution, avant la peste bubonique, avant, avant, avant. C'est un tel cliché littéraire qu'il faut un sacré talent pour se faire le chantre du malaise particulier de ses contemporains, talent qu'à mon sens l'auteur ne démontre pas dans cet opus, malgré ses ambitions affichées.

En effet, son personnage principal étant lui même écrivain, le roman est truffé de références à des auteurs, dont je ne connais pas la majorité. L'une d'entre elles revient fréquemment, et il s'agit de Becket, cet auteur de théâtre dont l'oeuvre la plus célèbre reste En attendant Godot et dans laquelle deux personnages attendent durant toute la pièce l'arrivée d'un troisième larron nommé Godot, en discourant sur tout et rien, et surtout sur rien. Le parallèle est intéressant, car comme dans la pièce les personnages semblent espérer qu'il se passe enfin quelque chose de bien pour eux, le tout dans une ambiance irréelle et vide de sens.

J'ai vu par ailleurs un aspect que ni l'éditeur ni les critiques n'ont semblé vouloir mettre en avant, alors que cela m'a frappé comme l'élément le plus intéressant du roman : la relation amoureuse qui tourne à la manipulation par le personnage masculin, qui apparaît de plus en plus nettement au fil des pages comme un véritable pervers narcissique, selon la dénomination consacrée de nos jours. Il y a là une vraie subtilité, et une progressivité qui me semble assez représentative de ce qui se passe pour une victime de maltraitance morale dans la réalité.

Pour autant, au final, Richard Yates m'a surtout donné envie de lire Richard Yates, le vrai !
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