AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  RechercherRechercher  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Rencontres avec Julianna BAGGOTT - Paris 15 - 16 juin 2012

Aller en bas 
AuteurMessage
Karen
Admin
Admin
avatar

Messages : 11943
Date d'inscription : 10/07/2011
Age : 39
Localisation : Paris

MessageSujet: Rencontres avec Julianna BAGGOTT - Paris 15 - 16 juin 2012   Mar 19 Juin - 18:09

Rencontres avec Julianna Baggott
Paris 15 et 16 juin 2012





À l’occasion de sa tournée promotionnelle en Europe pour le premier tome de sa trilogie Pure, Julianna Baggott était ce week-end à Paris. Nous avons eu la chance de pouvoir la rencontrer à deux reprises : vendredi au Virgin de Grand Boulevard en fin d’après-midi, et surtout samedi matin pour un petit déjeuner d’exception organisé avec panache par l’équipe J’ai Lu au Zimmer, place du Châtelet. La romancière, mère de quatre enfants (dont l’aîné a 17 ans), est venue avec son mari, Dave. Le couple s’est vraiment montré adorable et cela a été un véritable plaisir de pouvoir discuter avec eux. D’autant plus qu’ils parlent très bien français. Julianna a suivi des cours à la Sorbonne, et comme elle aime à le répéter, elle a davantage appris la langue dans les bars qu’à la fac. En tout cas, le résultat est là. Chapeau !

Julianna a commencé à écrire très tôt et a publié son premier livre à l’âge de 22 ans. Elle a publié dans des genres très différents et sous divers pseudos : de la poésie, des essais politiques, sociaux ou culturels, des romans historiques, des romans jeunesse, de la littérature féminine contemporaine… En fait, Pure est son 18e roman publié.
Cela faisait un moment déjà que le scénario de Pure lui trottait dans la tête. Avec quatre enfants, sa maison est jonchée de jouets et elle a pris l’habitude de placer une caisse dans le coin du salon pour les balancer au fur et à mesure qu’elle tombe dessus. Un jour, elle a pris une poupée dans l’intention de la jeter dans la caisse et son regard s’est arrêté sur sa main tenant la tête de la poupée. Et là, elle s’est dit qu’elle tenait une grande idée.
Elle a commencé par en écrire des nouvelles. Mais ça n’a pas fonctionné. Les éditeurs étaient assez réticents et lui demandaient si elle pensait sérieusement qu’on pouvait écrire une histoire avec une héroïne portant une tête de poupée à la place d’une main. Se prendrait-elle pour David Lynch ?
Mais pas question pour elle d’abandonner pour autant cette idée ! Elle l’a seulement mise en suspens, le temps d’écrire d’autres romans. Mais aucun ne l’a pleinement satisfaite. En fait, ce lui plaît par-dessus tout dans le métier d’écrivain, c’est d’avoir, à l’instar de Dieu, un pouvoir de création. Et elle n’avait pas eu l’impression de l’avoir pleinement utilisé jusqu’alors. Elle a donc repris son idée de fille à la tête de poupée et a greffé autour un monde épique où elle pouvait lâcher la bride à tous ses talents de Créatrice. La première image qui lui a alors traversé l’esprit n’est plus celle d’une enfant mais d’une adolescente de 16 ans, possédant toujours une tête de poupée à la place de sa main, cachée dans un placard et qui a peur (ce sont les premières pages du roman). Et c’est à partir de cette image que tout est parti, que le monde post-apocalyptique de Pure lui est apparu.
Dans le monde éditorial Young Adult, le succès d’Hunger Games a eu de grandes répercussions. Hunger Games a notamment fait beaucoup de bien aux écrivains. Suzanne Collins a en effet brisé les règles préétablies. Elle a bâti son succès sur des sujets qui étaient censés être jusque-là étrangers aux romans jeunesse écrits par des femmes : la guerre ou la violence. C’était un privilège accordé aux seuls hommes adultes. Et ils ne décrivaient d’ailleurs que des mondes dans lesquels les hommes souffraient de la guerre tandis que les femmes étaient relativement épargnées. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Les femmes peuvent écrire librement sur ces sujets et sont reconnues, et elles peuvent présenter des héroïnes fortes, à l’instar des hommes. Julianna a aussi mentionné Shirlee Jackson qui, avec son roman à succès, The Lottery, a aussi été un précurseur dans ce domaine.
Parmi toutes les dystopies du moment, outre Hunger Games, elle a beaucoup aimé Delirium de Lauren Oliver. Mais c’est un type d’histoire qu’elle n’aurait jamais pu écrire car elle est centrée sur l’amour fou, l’amour exclusif. Et ce n’est absolument pas son thème de prédilection. Elle préfère évoquer les thèmes politiques que sociaux.
En fait, Julianna a avoué adorer écrire à ce moment précis de l’histoire littéraire car aujourd’hui les frontières entre les genres ont été abolies. Les différentes sections ne sont plus cloisonnées, surtout la Science-Fiction. Du coup, les auteurs sont entièrement libres et peuvent insérer des codes d’origines différentes dans leurs romans.
À la base, Pure n’était pas censé être une trilogie mais un roman unique. Puis en cours d’écriture, Julianna s’est rendue compte qu’elle avait vraiment pris le temps de poser les bases de son univers et de son intrigue et que du coup les personnages ne commençaient vraiment à devenir intéressants et actifs qu’à la fin, d’où la nécessité d’une suite. C’est à ce moment qu’elle a visualisé la trilogie dans son ensemble. D’ailleurs, en envoyant le manuscrit du premier tome à son éditeur, elle y a aussi joint le synopsis de toute la série. Actuellement, elle est en train d’écrire le troisième tome. Elle doit le remettre en septembre à son éditeur.
Son personnage préféré est sans doute El Capitan. Elle a adoré le décrire car elle ne savait jamais vraiment ce qu’il allait faire ou dire. De prime abord, il apparaît comme un méchant, puis rapidement on se rend compte qu’il est bien complexe et ambigu que cela. C’est un personnage riche qu’il lui a vraiment plu de faire évoluer. Évidemment, Prussia fait aussi partie de ses personnages favoris. Mais elle éprouve aussi un attachement certain pour Lyda. Au début, la jeune camarade de Partridge est assez effacée. C’est elle qui a exigé d’apparaître davantage. D’où le fait qu’elle s’affirme dans la seconde moitié du roman. En fait, Lyda lui ressemble par de nombreux côtés. Julianna est elle-même la petite dernière de 4 enfants et du coup elle était très effacée alors qu’elle aurait voulu s’affirmer davantage.
Julianna est une auteure très engagée. Même si les réflexions politiques et féministes ne sont jamais présentes au moment de la préparation de ses romans, elle s’est rendue compte qu’au final, on les trouvait toujours.
Elle avait commencé par écrire Pure à la première personne, mais ça ne fonctionnait pas, surtout lorsque c’est Pressia qui s’exprimait. Elle avait un ton trop plaintif, trop misérabiliste. Elle a donc tout réécrit à la 3e personne, en changeant les points de vue, et c’est beaucoup mieux. Cela permet d’appréhender tous les enjeux, la vision du Dôme comme celle des Autres. Et en plus à la 3e personne, elle est beaucoup plus libre. C’est elle l’auteure et non ses personnages.
Pourquoi un tel thème (les Détonations et donc derrière de façon sous-jacente l'idée d'une éventuelle guerre nucléaire) ? Tout simplement parce que c’est quelque chose qui la touche et qui lui fait peur. Durant toute sa scolarité, chaque année, ils répétaient les exercices à faire en cas de danger : s’accroupir par terre la tête entre les mains ; et ça l’a beaucoup marquée, d’autant que ces gestes sont obsolètes et inefficaces mais qu’on les enseigne encore (aujourd’hui encore dans certains écoles en cas de fusillade !). Par ailleurs, son père travaillait à Washington DC durant l’affaire des fusées de Cuba en 1962. La menace de guerre nucléaire est donc quelque chose qui est très présent dans sa famille. On vit dans un monde malade, autodestructeur et ça doit être dit. Elle a fait également énormément de recherches sur les catastrophes d’Hiroshima et Nagasaki, et sur les conséquences qu’il y a eu des retombées radioactives. Elle a notamment adoré l’essai de Charles Pellegrino, Le dernier train d’Hiroshima, qui décrit parfaitement et de façon bouleversante le sort des victimes et des survivants. Il y a quelques années, elle a été aussi au Musée National de La Seconde Guerre Mondiale de la Nouvelle Orléans où on leur a présenté de façon interactive (avec sons, effets de lumière, fauteuils en mouvement…) un film dont Tom Hanks est à la fois le producteur et le narrateur. Ça a été une succession de sensations fortes de toutes sortes jusqu’à ce qu’on arrive à l’évocation d’Hiroshima et Nagasaki. Là c’était silence total avec cette simple phrase : « On est entré dans l’âge atomique ». Tout le monde dans la salle en a été choqué. Aucune manifestation de la culpabilité américaine et jusqu’à aujourd’hui c’est encore un sujet tabou. Il y a donc une volonté délibérée de sa part de transmettre son anxiété et les leçons de l’Histoire.
Ce qui l’a aussi intéressée, c’est d’essayer de répondre à une question cruciale : après une catastrophe, quelles sont les caractéristiques humaines qui ressortent et qui peuvent survivre ? L’amour, la foi, l’espoir, la haine,… ?
Pure présente des scènes incontestablement violentes. Aussi bien dans les faits que visuellement avec les descriptions des fusions. Julianna a été assez libre dans son écriture et son éditeur ne l’a pas censurée au départ sous prétexte que c’était du Young Adult. La seule restriction a été que toutes les scènes violentes doivent avoir une justification dans l’histoire, ça ne devait jamais être gratuit. Et comme ça correspondait à sa conception des choses, il n’y a pas eu de problème.
Les droits cinématographiques de Pure ont été achetés par la Fox avant même la publication officielle du roman car ils ont été particulièrement séduits par son effet visuel particulièrement évocateur. Elle ne participera pas à l'écriture du scénario et laissera libre cours au travail créateur de l'équipe de la Fox.
Julianna vient aussi d’écrire en collaboration avec Steve Almond un roman assez sexy, Which Brings Me to You, dont les droits viennent d’être aussi soumis à J’ai Lu. Il ne reste plus qu’à espérer !
Son mari David a été aussi adorable qu’elle et ouvert à la discussion. Il nous a ainsi dit qu’il est devenu au fil des ans l’assistant de son épouse. Il l’aide dans ses recherches et gère tout ce qui est annexe à l’écriture. Il nous a également avoué qu’il avait de la chance par rapport aux autres conjoints d’écrivains car Julianna ne ressemble en rien à l’image que l’on pourrait avoir de l’écrivain dans sa phase d’écriture. Elle ne s’enferme pas, elle n’est pas bougonne et sauvage. Au contraire, elle travaille au milieu de tous et leur demande souvent à lui ou à leurs enfants (notamment leur fille de 15 ans pour Pure) ce qu’ils pensent de telle ou telle phrase. Il nous a aussi raconté quelques anecdotes de leurs voyages comme la fois où ils s’étaient fait voler toutes leurs affaires de leur voiture en Provence, il y a 4 ans. Ça les a beaucoup marqués et Julianna a inséré cette histoire dans l’un de ses romans !
Ce fut une rencontre extrêmement intéressante et enrichissante et on comprend mieux maintenant pourquoi Pure est autant une merveille !
Lire la chronique du roman ici : http://www.auboudoirecarlate.com/t4933-baggott-julianna-pure-tome-1?highlight=baggott
Revenir en haut Aller en bas
 
Rencontres avec Julianna BAGGOTT - Paris 15 - 16 juin 2012
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Saison orageuse 2012 - ARTAUD Chad. : MAJ le 21 Juin 2012.
» MARATHON de Juin 2012
» Primavera Sound - 30 mai au 3 juin 2012 - Barcelona
» Nikon 400mm f/4.5 + AU-1 (transit de Vénus, 06 juin 2012)
» Paris Fashion Doll Festival 2012

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Evénements & Co :: Rencontres d'Auteurs / Dédicaces-
Sauter vers: