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 Rencontre avec Ben AARONOVITCH 12 avril 2012

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Karen
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MessageSujet: Rencontre avec Ben AARONOVITCH 12 avril 2012   Dim 15 Avr - 13:49

INTERVIEW DE BEN AARONOVITCH
A l’occasion de la sortie du premier tome des Rivières de Londres, nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer Ben Aaronovitch pour une interview dans les locaux de J’ai Lu – Flammarion. L’auteur s’est montré extrêmement sympathique, ouvert et souriant et ne s’est même pas moqué de notre accent anglais plus qu’approximatif (et pourtant croyez nous, il y a vraiment de quoi !)…

Etant donné que tout s’est fait en anglais, toute erreur d’interprétation est entièrement de notre fait.

1- Sur votre blog, vous parlez de réapprendre le français en vue d’un séjour en France, c’est fait ?
Non, pas encore. Mais je vais devoir m’y remettre sérieusement puisque le 7ème tome des aventures de Peter Grant se passera à Paris.
2-Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vous pour le public français qui ne vous connait pas encore très bien ?
Je suis né à Londres en 1964, j’ai eu une enfance banale qui conduit généralement à 3 choses : boire, devenir politicien ou se tourner vers la science-fiction. Lorsque j’avais une vingtaine d’années, j’ai découvert que j’étais doué pour écrire des scénarios et j’ai rencontré un vrai succès du jour au lendemain. J’ai écrit pour les séries de science-fiction Doctor Who et Jupiter Moon. En plus d’être scénariste, j’ai aussi été libraire chez Waterstones (dont on parle dans le livre). A force de ranger les livres des autres dans les rayons, j’ai eu envie d’écrire ma propre histoire, de laisser parler mon cœur et mon imagination et c’est comme cela qu’est né Les Rivières de Londres.
3-Comment vous est venu le goût de la lecture et particulièrement de la SF ? Quels sont vos auteurs de prédilection ?
Je peux même vous dire quel est le moment exact où tout a basculé. J’avais 10 ans et j’ai emprunté un livre à la bibliothèque de mon école, c’était Star Rangers d’Andre Norton. A partir de là j’ai dévoré tous les livres de Science-Fiction et de Fantasy qui me sont tombés sous la main. J’aime beaucoup les auteurs « classiques » de science-fiction et de fantasy comme Anne McCaffrey ou Ray Bradbury. Pour moi, les deux genres ne sont pas si différents l’un de l’autre, cela parle avant tout de mondes et de créatures imaginaires. Je ne souscris pas du tout à l’habitude de vouloir toujours créer des cases, compartimenter les genres, alors que bien souvent ils se rejoignent. Cela ne sert qu’à brider l’imagination et c’est bien dommage.
4-Est-ce que ça a été difficile de vous faire publier ?
Si on réunit les bonnes conditions et de la patience, pas tant que cela. Il faut être bien organisé, se trouver un bon agent, envoyer son manuscrit aux bonnes personnes et croire en son œuvre. Après, il faut aussi avoir de la chance, il suffit qu’une personne aime votre livre et décide de la défendre et de le publier pour que cela fonctionne ! Et puis au pire, on peut toujours coucher avec l’éditeur ! (Rires)
En fait, ils ont adoré tout de suite les premiers chapitres que j’avais envoyés. Et j’ai écrit de nombreux scripts auparavant, j’avais donc déjà de l’expérience dans ce domaine.
5-La lecture des premières pages a été assez déroutante parce qu’on a vraiment eu l’impression d’évoluer dans le Londres du XIXe siècle et lorsque le personnage sort son téléphone pour appeler police secours ça a été un choc, ça a paru quelque peu anachronique. Est-ce que ça a été volontaire de votre part de créer cette atmosphère assez particulière ?
Pas du tout et pour une bonne raison : le Londres d’aujourd’hui ressemble vraiment au Londres du XIXème. Covent Garden est toujours un marché fermé, animé, vivant, très fréquenté. Les rues de Londres sont un peu plus propres et bitumées mais elles sont toujours les mêmes, les monuments sont juste restaurés mais ils sont là veillant sur la ville depuis des centaines d’années ! J’ai restitué l’atmosphère de Londres telle qu’elle est aujourd’hui, telle qu’on la ressent en se promenant dans la ville.





6-Ce qui nous a frappé dès les premières pages, c’est la facilité avec laquelle Peter, policier, sceptique et scientifique, accepte le surnaturel. Est-ce son côté anglais bercé par Dr Who, Torchwood, romans gothiques et autres personnages fantastiques ? Pour le public français, c’est plutôt surprenant et déroutant.
Peter Grant hésite un peu pendant les 5 premiers chapitres. Ensuite, c’est parce qu’il est policier et scientifique qu’il accepte cela. Il croit ce qu’il voit, constate les choses, émet des hypothèses, cherche des solutions, un hologramme pour le fantôme par exemple, mais finalement, toutes les preuves, les indices amènent une seule réponse : c’est un fantôme. Il n’a alors par d’autre choix que d’accepter le fait, la réalité. Je ne pense pas que cela soit propre aux Anglais, beaucoup de gens croient aux fantômes, à Dieu, ont peur des chats noirs, ne sont pas toujours très rationnels (le fait par exemple de jeter du sel par-dessus son épaule). La science-fiction, le paranormal intéressent pas mal de personnes à travers le monde, c’est assez universel. Et puis je préfère ça, annoncer tout de suite la couleur, plutôt que construire une intrigue qui aurait comme première partie : comment arriver à croire au surnaturel ; et seulement ensuite pouvoir entrer dans l’histoire. Non. Et c’est le fait que Peter soit un scientifique qui permet cela.



7-D’où vous est venu l’idée du personnage de Peter Grant qui est peu conventionnel que ce soit dans son caractère ou le fait qu’il soit métis ?
Les personnages arrivent dans ma vie, dans mon imaginaire et s’y installent pour un bon moment. Un personnage, c’est un peu une sorte de copilote de mon esprit, il a sa propre vie que je retranscris. Et l’envie de créer un personnage métis m’est venue tout de suite. Je trouve qu’on n’en voit pas assez dans la littérature. Je savais aussi qu’il serait fils unique. Puis il a commencé à me parler et c’est autour de lui que l’histoire s’est construite.
8-En surfant sur le net, on retrouve très souvent à propos de votre livre la comparaison avec les Dossiers Dresden, et celle de Peter avec Harry. Ayant lu les deux, nous en avons été assez surpris et finalement en dehors de la qualité évidente des deux œuvres il n’y a pas grand chose en commun. Avez-vous lu les romans de Jim Butcher ? Et si oui, que pensez-vous de cette comparaison sommes toutes assez flatteuse ?
Je suis complètement d’accord avec vous. Pour être honnête avant qu’on ne me parle partout de cette ressemblance je ne connaissais pas du tout l’œuvre de Jim Butcher. C’est après coup que j’ai lu les Dossiers Dresden et j’ai beaucoup aimé. Je suis tout petit, tout nouveau dans le monde de la Fantasy alors que Jim butcher est extrêmement connu, c’est vraiment un des plus grands auteurs de Fantasy. Pour moi, les deux histoires sont très différentes. Harry est un vrai magicien qui aide parfois la police dans une enquête en se servant de magie alors que Peter est un policier parachuté par hasard dans le monde magique. Il se sert des moyens d’investigations mis à disposition de tout policier londonien, il utilise un ordinateur, les ressources de la police, il ne se sert pas de la magie en premier lieu, et celle-ci reste très élémentaire encore. C’est plus rationnel, plus réel que magique. Harry est seul alors que Peter ne l’est jamais. Il est policier et véhicule donc au sein d’un système.
9- Le titre UK est The Rivers of London, alors que le titre US est Midnight Riot. Pourquoi deux titres différents pour une même langue ?
Parfois, on a le titre du livre dès le début parfois juste à la fin du travail d’écriture. Au départ j’avais même pensé à « The Magic Cop » c’est dire ! (Rires) Ce n’est qu’après avoir fini que les Rivières de Londres m’est venu. On a changé le titre pour les Etats-Unis car il ne plaisait pas à l’éditeur américain. Il avait peur que les Américains pensent qu’ils avaient à faire à un livre de géographie, de voyage sur les rivières de Londres. Les Américains sont très compartimentés : pour un livre de Fantasy il faut absolument un titre qui y fasse penser. Là-bas, tout est plus segmenté, commercial. Les Anglais sont plus éclectiques et plus ouverts. De très nombreuses personnes m’ont dit qu’elles ne lisaient pas de Fantasy à la base mais que pourtant elles avaient adoré le roman…
10-On a été frappé par la précision des détails pour tout ce qui est enquête policière (police scientifiques, méthodes d’investigations, les différents services…) mais aussi pour tout ce qui est des détails historiques, folkloriques ou mythologiques. Comment avez-vous procédé pour ces recherches et accumuler cette somme de connaissances ?
J’ai commencé par lire beaucoup de livres, par prendre des notes. Ensuite, je suis parti à la rencontre de policiers, d’historiens… pour parler, connaitre un peu mieux leur métier et l’histoire de la ville de Londres, de ses différents quartiers. J’ai réuni ainsi une solide base pour mon travail et pour la vraisemblance de mon livre. Ça en devenait même obsessionnel : à chaque fois que je voyais quelque chose d’intéressant je prenais des notes sur mon carnet en me disant qu’il fallait que je l’intègre à un moment. C’est important de mettre beaucoup de détails, ça donne vraiment aux gens une impression de crédibilité, de réalité.
11-Lire le livre nous a permis de s’immerger complètement dans Londres, de faire un voyage. Cela nous a même envie d’y retourner. Cependant, on sent parfaitement que certaines références, certains commentaires sarcastiques, nous échappent et ne peut être compris que des seuls londoniens. N’avez-vous pas peur que cela soit frustrant pour votre lectorat international ?
Pour tout dire, je ne me suis pas du tout préoccupé de cela ! Je suis un vrai Londonien, amoureux de ma ville et je trouve cela vraiment sympa de découvrir une ville, une autre culture à travers un livre. Je ne pensais pas d’ailleurs que le livre serait traduit. Mais je n’ai pas d’inquiétudes, j’ai choisi d’embarquer les gens avec moi, avec Peter, de le suivre dans ce Londres réel, celui dans lequel vivent les vrais londoniens et que j’aime vraiment. C’est toujours un plaisir de découvrir une autre culture.
Quant au sarcasme c’est aussi vraiment la marque de l’humour anglais, un humour qui me parle et il m’est arrivé bien souvent de rire tout seul en voyant des films anglais quand j’étais à l’étranger (comme les Monty Pythons).
12-Que pensez-vous de la couverture française ? (Personnellement on adore !)
Je la trouve superbe moi aussi et pour le coup, elle fait très XIXème avec Nightingale, le chapeau haut-de-forme et la canne en couverture. Encore que, vu que c’est une couverture française, je m’attendais à quelque chose de plus sexy… (Rires)
13- Pouvez-vous nous donner quelques informations sur le tome 2 ? On sait qu’il est déjà paru et on l’attend avec impatience en France. Combien de tomes prévoyez-vous ?
Cela sera centré sur l’histoire de la famille de Peter, les mystères qui l’entourent. Il y aura plus de romance, euh non de sexe en fait. Oui c’est définitivement plus du sexe que de la romance ! (Rires). Et étant donné qu’on remonte dans le passé de Peter, et notamment de son père, il y a aussi beaucoup de références à l’histoire du jazz à Londres. Donc dans ce deuxième tome, il y aura surtout du jazz et du sexe ! (Rires). Il y aura aussi plus de magie et l’introduction d’un nouveau personnage, un méchant un peu à la Moriarty.
Trois tomes sont déjà écrits et Thibaut, l’éditeur français de Ben, nous a dit que nous aurons certainement le second tome cet été ! Et là on ne peut dire que : Génial !
Merci beaucoup à Ben Aaronovitch pour sa gentillesse et sa disponibilité, ainsi qu’aux éditions J’ai Lu pour l’invitation et leur accueil comme toujours extrêmement chaleureux !
A la suite de cela, direction la Librairie de l'Antre Monde pour une rencontre-dédicace avec Ben Aaronovitch. Bon nombre de fans ou de lecteurs curieux des Rivières de Londres avaient fait le déplacement. L'auteur s'est montré là aussi chaleureux, sympathique et disponible pour son public pendant plusieurs heures. Il est accompagné de son fils de 17 ans et une partie de l'équipe J'ai Lu était présente pour ce moment des plus agréables !





Dernière édition par Karen le Lun 23 Avr - 10:20, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre avec Ben AARONOVITCH 12 avril 2012   Dim 15 Avr - 13:51

Merci beaucoup. Sa m'a donné envi de l'ajouter à ma liste de livres à avoir. ^^

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MessageSujet: Re: Rencontre avec Ben AARONOVITCH 12 avril 2012   Dim 15 Avr - 14:18

Je suis sûre que tu ne vas pas être déçue : il est super!

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MessageSujet: Re: Rencontre avec Ben AARONOVITCH 12 avril 2012   Dim 15 Avr - 15:20

Oui, il est très bon et différent des autres romans du genre !

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MessageSujet: Re: Rencontre avec Ben AARONOVITCH 12 avril 2012   

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