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 LOUYS Pierre - Manuel de civiltés à l'usage des jeunes filles / Pybrac

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Ptah Hotep



Messages : 9
Date d'inscription : 19/03/2017
Age : 41
Localisation : Paris

MessageSujet: LOUYS Pierre - Manuel de civiltés à l'usage des jeunes filles / Pybrac   Sam 3 Juin - 8:51





Présentation de l'éditeur :

Un classique de la littérature érotique préfacé par Michel Baglin

"Relever ses jupes, s’asseoir sur une quille debout, la faire entrer où vous savez, et s’enfuir avec en la tenant par la seule force du « casse-noisettes », c’est un exercice des plus indécents, qu’une jeune fille bien élevée ne doit pas imiter, même quand elle l’a vu faire avec un succès d’estime."

L’éducation des jeunes filles est une affaire importante à confier à des praticiens expérimentés

EXTRAIT

Les manuels de savoir-vivre à l’usage de la jeunesse ont fait florès, mais celui-ci, que propose l’auteur des « Aventures du roi Pausole » et des « Chansons de Bilitis », n’est peut-être pas à suivre à la lettre… Les petites filles, à moins d’être très avancées, y apprendront certes bien des choses sur l’amour et y trouveront sans doute matière à parfaire leur éducation, mais là n’est pas, me semble t-il, le vrai souci de Pierre Louÿs. Même si un conseil avisé – « Ne suspendez pas de godmichet au bénitier de votre lit. Ces instruments-là se mettent sous le traversin », par exemple – peut toujours leur être utile, il y a fort à parier que son but est plutôt de choquer le bourgeois grâce à quelques énormités pornographiques bien senties et de prendre un malin plaisir à bousculer, avec les convenances, l’ordre établi des pisse-froid.

A PROPOS DE L'AUTEUR :

Pierre Félix Louis dit Pierre Louÿs est un poète et romancier français, né à Gand (Belgique) le 10 décembre 1870 et mort à Paris 16e le 4 juin 1925. Collectionneur, bibliophile, il est surtout connu pour ses poèmes et romans licencieux d’une grande qualité expressive autant que littéraire. Il est également connu sous les noms de plume Pierre Louis, Chrysis, Peter Lewys et Pibrac.



Mon avis :

Pierre Louÿs est pour moi l’écrivain le plus étrange et le plus fascinant, parce qu’excessif en tout, de la littérature française. Il fut, à la fin du 19ème siècle, un jeune auteur célébre pour son roman « Aphrodite » et ses poèmes en prose « Les chansons de Bilitis », qui étaient doublés d’une mystification pour se moquer des doctes savants hellénistes. Il commit aussi deux romans singuliers « Les aventures du roi Pausole », sorte d’épopée pleine d’ironie narrant les aventures d’un roi philosophe et hédoniste mélangeant Don Quichotte et Casanova, et « La femme et le pantin », qui est le récit d’une passion dévorante rongée par la jalousie…

Cette œuvre romanesque se double de plusieurs recueils de poèmes, qui oscillent entre l’inspiration la plus élevée (il est l’auteur du plus beau poème d’amour que je connaisse, intitulé : « Pervigilium Mortis ») et l’érotisme le plus débridé… En effet, Pierre Louÿs, qui fut l’ami de Stéphane Mallarmé et guida Oscar Wilde, Paul Valéry, André Gide dans leurs premiers pas en littérature, était un obsédé sexuel, habitué des bordels et écrivant, pour son plaisir et celui de quelques amis, des poèmes totalement déjantés, comme celui-ci qui stupéfia André Breton et dont je vous livre le début et la fin :

Je voudrais cette nuit trouver un crocodile
Etendu sur le dos comme un cadavre
Et dans l’ombre, où le lynx passerait sans nous voir,
Commencer dans ses bras une coupable idylle
(…)
C’en est fait. J’ai connu dans ses petits bras verts
L’ivresse saurienne et le plaisir pervers…

Il écrivit aussi des textes franchement pornographiques, où se manifestent son ironie caustique et son intelligence alerte et libertaire. Ces textes, retrouvés dans ses cartons après sa mort, n’étaient pas destinés à être publiés (notamment le célèbre « Trois filles de leur mère » qui raconte les aventures sexuelle d’une famille inspirée de la famille du poète José Maria de Hérédia, dont il avait épousé l’une des trois filles) mais, heureusement, ils ne furent pas perdus. Hélas pour la postérité de Pierre Louÿs, ils tendent aujourd'hui à éclipser ses autres oeuvres. J’aime plus particulièrement les deux textes, intitulés « Manuel de civilités à l’usage des jeunes filles » et « Pybrac », qui parodient avec une obscène férocité les livres d’éducation et d’enseignement des bonnes mœurs, en prenant appui sur les préceptes usuels pour mieux les dévoyer. Tout en étant parfaitement explicites, ils sont aussi, souvent, franchement drôles. Je recopie ci-dessous quelques extraits tirés au hasard de divers chapitres :

A l’office : Quand vous vous êtes servie d’une banane pour vous amuser toute seule ou pour faire jouir la femme de chambre, ne la remettez pas dans la jatte sans l’avoir soigneusement essuyée.

Cadeaux : N’offrez jamais de godemiché à une femme mariée à moins qu’elle ne vous ait fait elle-même la confidence de ses infortunes.

Superstitions : Si vous êtes treize à faire l’amour sur le même lit, n’envoyez pas votre plus jeune amie se branler toute seule à la petite table. Faîtes plutôt monter la fille de la concierge pour faire quatorzième.

A confesse : quand vous racontez toutes vos cochonneries au jeune prêtre qui vous écoute, ne lui demandez pas si ça le fait bander.

En visite : Dites « bonjour, madame, comment allez-vous ? » mais ne demandez jamais à une femme mariée « vous a-t-on bien baisée cette nuit ? ». Vous la mettriez dans l’embarras parce que le plus souvent elle n’aurait rien à dire.

A l’hôtel en voyage : Ne sonnez pas le maître d’hôtel à onze heures du soir pour lui demander une banane. A cette heure-là, demandez une bougie.

Devoirs envers Dieu : avant d’aller communier, si vous sucez quelqu’un, n’avalez pas le foutre, vous ne seriez plus à jeun.

« Pybrac » pastiche un livre de quatrains écrit en 1574, par le juriste Guy du Faur de Pibrac pour l’éducation des jeunes gens. L’original fut célèbre en son temps et très largement diffusé. Les poèmes de Pierre Louÿs, en alexandrins rimés, commencent tous par « je n’aime pas à voir » pour imiter l’allure d’une condamnation morale mais ils sont si explicites qu’ils composent en fait des sortes de miniatures obscènes. Tout l’art de Pierre Louÿs réside dans sa capacité à les renouveler, même si on peut déplorer une fascination pour les toutes jeunes filles qui a parfois des accents de pédophilie. Je vous en recopie deux, piochés au hasard :

Je n’aime pas à voir une vierge qui tangue
Et qui, touchant du con le vit de son danseur
Soupire « Oh non pas ça ! Je n’aime que la langue.
Si vous voulez saillir faites signe à ma sœur. »

Je n’aime pas à voir ces jeunes filles suisses
Qui si quelqu’un leur dit : « Ou est donc le buffet ? »
Répondent simplement : « Il est entre mes cuisses »
Ce sont là des propos qui font mauvais effet


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Karen
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Messages : 11840
Date d'inscription : 10/07/2011
Age : 38
Localisation : Paris

MessageSujet: Re: LOUYS Pierre - Manuel de civiltés à l'usage des jeunes filles / Pybrac   Sam 3 Juin - 9:28

Effectivement ils sont très drôles ! Les derniers vers m'ont bien fait rire wink
Merci pour la découverte sourie

_________________
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LOUYS Pierre - Manuel de civiltés à l'usage des jeunes filles / Pybrac
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