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 BANIERE Sandra - Les noces meurtries

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Aelynah

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Messages : 448
Date d'inscription : 09/12/2013
Age : 43
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MessageSujet: BANIERE Sandra - Les noces meurtries   Mar 23 Mai - 12:09


Les noces meurtries
Sandra Banière
Collection Terre de France
Presse de la cité

Quatrième de couverture :

La séparation : une décision, inéluctable, qui anéantit presque tout. D'Hélène, épouse détruite, qui retrouve sa liberté, à Gaby l'adolescente, qui se construit, un roman d'apprentissage et les portraits croisés tout en sensibilité d'une mère et de sa fille.

En apparence, Hélène Lemaire affiche la réussite de celle qui a su tout concilier : un mariage au long cours, une vaste exploitation viticole en Champagne, deux ados épanouis. Dans l'intimité, c'est une femme brisée dans son cœur et sa chair. La séparation devient bientôt sa seule voie de secours. Quel qu'en soit le prix : la solitude, les manigances de l'ex-mari, l'abîme qui se creuse entre son fils et elle... A bientôt quarante ans, la perspective de recommencer à zéro n'effraie pas Hélène. Au bout du tunnel, la possibilité d'une autre vie ? Comme en écho au retour à la liberté de sa mère, Gaby livre son expérience d'adolescente en devenir et de témoin lucide de la dissolution d'un couple.

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Aelynah

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MessageSujet: Re: BANIERE Sandra - Les noces meurtries   Mar 23 Mai - 12:09

Mon avis :

Nous sommes en hiver, tout est blanc dans les vignobles et le ciel même semble se perdre dans ce décor cotonneux. Tout est blanc aussi dans ce mariage entre Hélène et Bertrand, la robe, l'épousée innocente telle une blanche colombe. Tout semble idyllique.

Jusqu'à la nuit de noces, Hélène est joyeuse et légère. Puis vient l'anxiété. Elle ne sait que ce que lui en a dit sa mère, soit peu : les hommes ont des besoins que leur épouse doit satisfaire sous peine de les voir partir avec une autre.
Alors quand la nuit de noces est décevante elle ne sait quoi penser, puis quand son mari lui fait l'amour trois fois par jour n'importe où et n'importe quand, là encore elle ne sait pas.
Deux enfants vont naître et avec eux la vie va se remplir sur un rythme effréné au point que, le jour où Hélène attrape la grippe et se voit conseillée du repos, elle souffle de joie.
Alors, quand, grippeuse et alitée, cela n'arrête même pas son mari dans ses besoins conjugaux ou ses attentes vis-à-vis du vignoble, elle pleure. Elle pleure sur elle-même, sur cette vie de femme-objet et d'esclave qu'elle vit. Mais auprès de qui en parler ? Qui l'écouterait ? Alors elle enfouit ces moments d'humiliation et de dégoût au fond d'elle-même. Et envisage même que le problème vienne d'elle. Jusqu'au jour où, trop c'est trop, et elle décide de changer sa vie.

Comment exprimer ce que j'ai ressenti à la lecture de cette nouvelle?
Tout d'abord le sujet, il est toujours un peu dérangeant de rentrer ainsi dans la vie des couples et dans la tête de l'un des partenaires. Hélène est une jeune mariée au début de ce récit et rapidement on sent sa gêne, son désarroi devant les besoins quasi effrénés de son époux. Comment se refuser? À qui en parler? Hélène fait partie de cette génération avant nous pour qui le sexe dans le couple est encore un sujet tabou. Alors parler de son mal-être, de son sentiment d'être utilisée comme femme-objet tant sexuellement que dans la vie de tous les jours n'est pas une mince affaire. Surtout lorsque l'on lit les réactions de Bertrand. Il est le mâle type, celui pour qui une épouse est là pour lui faciliter la vie, lui donner du plaisir au moment où il le souhaite et s'occuper des enfants qu'il lui fait.
Il ne se remet pas en question, est tellement sûr de lui qu'Hélène en vient à douter d'elle-même.
C'est une situation de tension particulière pour une femme. Une certaine gêne m'a suivi tout au long de la première partie. Je ne connais pas ce genre de mariage mais étant femme je peux ressentir ses sentiments aussi bien que si je les vivais. Nous avons toutes eu dans notre vie des moments de doute. À voir la certitude des autres en face, nous nous sommes alors senties désemparées et parfois même écrasées par une culpabilité qui n'a pourtant pas lieu d'être. Hélène est l'image de cette femme meurtrie, dégoûtée d'elle-même et de son corps mais surtout de son mari. Ou comment le manque de compréhension, de partage ou simplement de communication peut amener à une situation de malaise parfois inéluctable et surtout irrattrapable.

Alors quand Hélène se prend en main et se décide à faire bouger les choses on applaudit à grand cris tout en regrettant que d'autres n'aient pas ce courage.
Puis le récit change de narrateur et il m'a fallu je l'avoue quelques paragraphes avant de m'en rendre compte et m'adapter.

Ce n'est plus Hélène qui va nous relater la suite des événements mais Gaby, sa fille de 15 ans. Elle n'est pas de la même génération, on ressent déjà à ses paroles et sa manière de penser que pour elle, le monde est différent. Sa vision est claire et tranchée malgré son jeune âge. Elle voit, mais elle observe aussi et comprend plus que les adultes semblent croire. Son point de vue est peut-être un peu catégorique mais c'est l'apanage de la jeunesse de tout voir en noir ou blanc et on ne peut lui en vouloir de ses pensées. On ressent aussi sa dualité entre son envie de protéger sa mère et son besoin de fuir ce huis-clos de violence verbale et de rancœur.
On observe aussi les conséquences que cela a sur sa propre vie amoureuse, son besoin de diriger, de ne laisser personne la rendre dépendante, de décider qui et comment et surtout de partir quand le garçon commence à vouloir la mener dans son lit. Elle compense son incertitude familiale par cette attitude hélas stérile. Car elle s'enfonce alors dans une image stéréotypée et simpliste des hommes : ils ne sont alors pour elle que des obsédés de sexe. Les sentiments semblent avoir disparu de son schéma amoureux. Les hommes sont vus comme des prédateurs dont elle ne veut pas être la proie.

Au fil de l'histoire nous allons donc voir évoluer les sentiments des uns et des autres.
En tant que femme nous aurons tendance à partager les réactions de nos deux narratrices ou au moins à les comprendre. Peut-être même éveilleront-elles en certaines de vagues souvenirs ou des traumatismes enfouis.
L'écriture de l'auteure est simple et nous fait vivre les situations comme si nous suivions la vie de nos deux héroïnes. On se sent attirés dans leur quotidien comme un papillon dans la lumière. Rien ne nous intéresse plus que de connaître la suite, de comprendre, d'espérer peut être une amélioration pour l'une ou l'autre et pourquoi pas les deux. Elle sait aussi interpeller en nous cette partie féministe et moderne pour qui le mariage est un partage des sentiments et des tâches afin qu'elle se rebelle à la lecture de la vie d'Hélène. Car au début on partage son désarroi mais en même temps on a envie de la secouer de se laisser faire ainsi. Puis on se rappelle la période et on compatit encore plus à cette génération de femmes soumises, à leur père d'abord, puis à leur époux. La description que fait la mère d'Hélène du mariage et des relations conjugales est affreusement rétrograde et surtout terrifiante pour nous, femmes de l'an 2000.
Mais certaines choses ne changent pas comme cette propension à la femme de se sentir automatiquement en tort et coupable face à un adversaire plus sûr de lui.
La première réaction alors sera de se remettre en question plutôt que d'envisager qu'il puisse y avoir une autre solution ou que nous ayons raison. Hélène en est un exemple complet.

Je l'avoue j'ai eu du mal avec les premiers chapitres, non pas faute d'un manque d'intérêt, mais plutôt à cause d'un certain malaise personnel à vivre par procuration cette vie de femme soumise et objet. Ce n'est absolument ni ma façon de voir le mariage ni celle dont je le vis alors me retrouver dans la peau et les pensées de cette femme malheureuse et meurtrie me laissait un goût désagréable à la fin de chaque ligne lue. Comment ne pas se sentir un peu coupable d'être heureuse alors qu'il existe des femmes qui le vivent si mal ?

Comment ne pas apprécier encore plus son conjoint lorsque l'on découvre les abjectes malversations dont se rend coupable Bertrand. Que ce soit vis-à-vis du divorce ou de ses enfants, l'auteure a réellement bien su nous le rendre détestable à souhait. Nous prenons faits et causes pour Hélène et Gaby. Aucune excuse ne pourra ramener Bertrand dans notre estime.

Mais serait-ce différent si j'avais été un homme ? Que ressortirait-il de cette lecture dans l'esprit d'un de nos chers maris? Ou amis? Y verrait-il le même réflexe de rébellion, ou la solidarité primerait-elle?

Au final, il en ressort pour moi comme un hommage à l'amour, au partage et à la liberté. Liberté de vivre sa vie, de s'exprimer, d'aimer ou de détester, de donner son corps ou de le refuser.
Partage des sentiments, des émotions, des problèmes aussi et surtout partage des idées pour les solutionner ensemble.
Car on ne le dira jamais assez UN couple c'est aussi et surtout DEUX êtres libres qui ont décidé de faire un bout de chemin ensemble vers la même destination.

Je remercie donc les éditions Presse de la Cité pour ce récit qui m'a apporté beaucoup plus qu'un simple moment de lecture.

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